• Accueil
  •  > 
  • Conservatoire : la partition silencieuse de Babin + Renaud
Rejoignez Cyberarchi : 

Conservatoire : la partition silencieuse de Babin + Renaud

Cécile Septet : Copyright 2020

 

Glissé dans un quartier résidentiel, le nouveau conservatoire de Vanves (première couronne de Paris) accueille 700 d’élèves dans une trentaine de disciplines (musique, théâtre et danse). Ses concepteurs, Babin + Renaud, ont dessiné une architecture « silencieuse », blottie en fond de parcelle…

 
 
A+
 
a-
 

Drôle d’endroit pour implanter un équipement culturel à rayonnement intercommunal ! La rue Solférino est étroite, bordée par du pavillonnaire et des petits immeubles qui dépassent rarement les deux étages sur rez-de-chaussée. Rien, à part le calme, ne prédestinait le quartier à accueillir un conservatoire de 3200 m2 dont la portée symbolique semblait peu compatible avec un environnement résidentiel. L’ambiguïté appelait une prise de position claire dans le choix du plan-masse. Et c’est en faveur d’une petite centralité, un espace public de rencontre matérialisé par une placette, que les architectes ont tranché, quitte à dédire la morphologie de la rue, ses alignements et son échelle. « Au concours, nous avons été les seuls à proposer un parvis », explique Éric Babin. Avec raison, si l’on en juge par les qualités du nouvel espace public en dalles de pierre grise, vite adopté en terrain de jeux par les trottinettes et les musiciens en herbe…

Pour accompagner cette dilatation urbaine, Éric Babin et Jean-François Renaud ont façonné un bâtiment sobre, aux lignes épurées, sans concession au répertoire formel des constructions environnantes, mais servi par une qualité d’exécution irréprochable. « L’équipement cherche l’apaisement et la discrétion, un équilibre à la façon dont la composition musicale organise des harmonies dissonantes », écrivent-ils. Compact, le conservatoire est calé au fond du terrain (au-delà d’une venelle en cul-de-sac) et le long de la mitoyenneté nord-est. Un quart de sa surface est enterré pour limiter sa hauteur à deux étages sur rez-de-chaussée. Il s’ensuit des possibilités d’éclairement limitées que les architectes ont su compenser par une cour anglaise sur le parvis, du verre dépoli dans les escaliers et un patio en limite parcellaire.

 

Microcosme stratifié

 

Les plans du bâtiment ont été conçus en plusieurs strates, à l’image des façades où alternent les vitrages clairs, les brise-soleil verticaux et les panneaux opaques en aluminium. Depuis l’espace public, on trouve schématiquement quatre bandes successives : les salles de cours et de formation musicale, la circulation principale avec deux escaliers en vis-à-vis, une bande de service (avec l’administration) et, tout au bout, l’auditorium coiffé d’une salle de danse aérienne que prolonge une terrasse en bois, vue dégagée sur l’intérieur d’îlot.

Presque partout, le blanc domine. « Les espaces sont neutres, sans stimuli visuels, pour laisser la place aux instruments, à la musique », indique Jean-François Renaud, avant d’évoquer « une architecture autonomisée » et « un microcosme sans relation tangible avec l’extérieur », malgré l’abondance de lumière naturelle. Un parti-pris quasi dicté par les inquiétudes des voisins sur le « bruit » des instruments. Peu enclins à goûter les arpèges de piano et le rythme des percussions, ceux-ci ont poussé les architectes à soigner le traitement acoustique des façades vitrées (vitrage respirant, etc.) et à limiter le nombre d’ouvrants.

Malgré leurs réserves sur la modification de l’environnement domestique de leurs propriétés privées, les riverains ne seront pas moins les premiers bénéficiaires potentiels du projet… Toutes les dispositions ont été prises pour que l’auditorium puisse accueillir des représentations sans lien avec le conservatoire dans les meilleures conditions, du théâtre à l’opéra, en complément des auditions des élèves. Gril équipé au-dessus de l’espace scénique, passerelles techniques, fosse d’orchestre escamotable : la salle de spectacle de 221 places a tout d’une grande. Et de quoi s’interroger sur la majorité des conservatoires parisiens dont les dimensions et la qualité architecturale ne sont en rien comparables à celui de Vanves…

 

Tristan Cuisinier

 

Fiche technique :

Maîtrise d’ouvrage : GPSO – Ville de Vanves
Architecte : Babin + Renaud
BET : Grontmij Etco
Acousticien : ACV
Scénographie : XNS
Entreprise générale : Legendre
Surface : 3 198 m2 sdp
Montant des travaux : 11,82 M€ H.T
Calendrier : 2010-2016

 

Conservatoire de Vanves
Conservatoire de Vanves
Conservatoire de Vanves
Conservatoire de Vanves
Conservatoire de Vanves
Conservatoire de Vanves
Conservatoire de Vanves
Conservatoire de Vanves
Conservatoire de Vanves
Mot clefs
Catégories

Recevez la newsletter

CYBER