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Confluence à Lyon : acte II

© Cyberarchi 2014

La Cité de l'architecture et du patrimoine consacre une exposition sur l'opération d'urbanisme de la Confluence : l'occasion de faire le tour de la question.

 
 
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Sur la presqu'île entre le Rhône et la Saône, le centre urbain semble s'être arrêté en gare de Perrache. Cette zone de 150 hectares, gagnée sur les eaux pendant sept décennies d'assèchement et d'assainissement par l'ingénieur Antoine-Michel Perrache (1771-1841), fut rapidement colonisée par les industries en tous genres. Elle devient la zone « au-delà des voûtes », une zone insalubre et indésirable. La réappropriation de ce quartier vient tout simplement doubler la taille de l'actuel centre ville historique. Cette opération en fait une des plus grandes du genre en Europe et la réappropriation de cet espace industriel en lieu de mixité sociale et en modèle de développement durable lui a valu le label de « laboratoire » que lui confère l'exposition.


Une architecture audacieuse

Après la première phase consacrée à la Saône (41 hectares, 2003-2015) et mise en oeuvre par François Grether et Michel Desvignes, la seconde phase met à l'honneur le Rhône (35 hectares, 2009-2025), toujours avec Michel Desvignes, allié aux architectes suisses Herzog & de Meuron. Les acteurs se sont livrés à une analyse fine historique, géographique et politique afin de dégager les singularités du projet. Cette approche leur a permis de dégager quelques concepts forts : prolongements des rues existantes, conservation de certaines halles, hétérogénéité des typologies...

Côté architecture, la politique a été audacieuse et la mairie, via la SPLA(Société Publique Locale d'Aménagement), a choisi les ténors de l'architecture pour réaliser les différents édifices marquant ce projet. Le cube vert, le deuxième bâtiment signé Jakob+MacFarlane se joindra bientôt au cube orange, qui fait déjà figure de point remarquable sur les bords de Saône. Selon les architectes, la résille métallique orange minium renvoie au passé industriel du site. A l'inverse, le cube vert, qui abritera le siège d'Euronews, sera d'un vert éclatant afin de souligner le côté paysager de la pointe de Confluence. Le monolithe conçu par MVRDV et quatre agences (Manuelle Gautrand, Combarel et Marrec, Pierre Gautier, Erick van Egeraat) viendra apporter une dimension plus minérale à l'ensemble. Au lieu de morceler l'espace avec une diversité de formes, la forme monolithique a été adoptée, afin de créer un espace public autour duquel s'agrège bureaux et logements.


Le Musée des Confluences

Côté Rhône, l'hôtel de Région Rhône Alpes, conçu par Christian de Portzamparc a été inauguré en 2011. Le bâtiment est un ensemble unique, sans rupture, ce qui permet de donner de la lisibilité à l'institution. Il est axé autour d'un atrium, véritable coeur de l'édifice autour duquel s'articulent la salle des délibérations, les salles de commission et d'éventuelles expositions publiques. L'aménagement des bureaux et services est évolutif et modulable, et permet un aménagement adapté aux besoins et services. Enfin, il sera difficile de ne pas noter, parmi les édifices majeurs le Musée des Confluences qui occupera la pointe de l'île. La conception, confiée à Coop Himmel(b)lau donnera un signal fort pour et endroit particulier, à la confluence de la Saône et du Rhône. Cet édifice, qui devrait voir le jour en 2014, sera le résultat d'un mélange hybride entre deux langages, celui d'un musée classique et d'un espace publique d'amusement, qui viendra définir des espaces d'exposition et d'amusement.

On l'aura compris : si la municipalité de Lyon a tardé à réaliser le potentiel de cette parcelle située à la confluence du Rhône et de la Saône, elle met désormais les bouchées doubles pour faire de ce lieu un modèle d'architecture et d'aménagement unique en Europe.

Gaël Brulé (Atelier CMJN)
François Lepeytre (Atelier CMJN)

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