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Combien de vies un bâtiment peut-il avoir ?

Tristan Cuisinier : Copyright 2017

Alors que l’exposition du Pavillon de l’arsenal sur le réemploi des matériaux de construction vient de s’achever, la Cité de l’architecture et du patrimoine prend le relais pour explorer le thème du recyclage. Jusqu’au 28 septembre 2015, l’institution parisienne expose en effet 72 projets européens consacrés à la transformation des bâtiments existants. Une rétrospective de cinquante ans nommée « Un bâtiment, combien de vies ? »

 
 
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Et si l’on arrêtait de démolir pour construire ? Telle est la question posée par Francis Rambert, commissaire de l’exposition à la Cité de l’architecture et du patrimoine, à Paris. Après l’urgence de la reconstruction de l’après-guerre, puis la « rénovation bulldozer » des années 1960-1970 - animée par l’idéologie de la table rase -, « l’heure est à la transformation des bâtiments existants et des territoires urbanisés, déclare le critique d’architecture. Nous avons mis cinq décennies pour sortir du déni, mais nous sommes passé d’une logique ex nihilo à une logique in vivo. »

« Une transformation est un acte de création à part entière », ajoute Francis Rambert, se refusant à l’emploi du terme de réhabilitation qui, pour lui, relève plus de la mise en conformité et de la technique. Un exemple significatif ? Le Caixa forum, à Madrid, autrement dit la mutation spectaculaire d’une petite centrale électrique en lieu d’exposition par les architectes Herzog & de Meuron. Dans ce projet qui part d’un existant banal, les rapports au sol et au ciel ont été complètement modifiés. L’ancien édifice industriel a été soulevé pour libérer un passage public en diagonal au rez-de-chaussée. Parallèlement, l’ensemble a été surélevé d’une peau en acier Corten derrière laquelle se dissimulent les salles d’expositions et le restaurant. Une composition que parfait l’habillage du pignon voisin  par une végétation murale foisonnante de Patrick Blanc.

Huit thématiques

Illustré par le Caixa forum, ou encore par le musée Can Framis de Barcelone, conçu par Baas Arquitectura, le thème de « la reconquête de la banalité » est l’un des huit grands thèmes explorées par l’exposition qui, comme pour signifier un changement de paradigme, se situe à l’extrémité de la galerie des collections permanentes sur l’architecture moderne. « l’évidence patrimoniale », « les originaux de référence », « l’héritage du béton », « les ex-cathédrales de l’industries », « la dimension urbaine »,… : la variété des thématiques abordées visent l’exhaustivité du propos.

Particulièrement sensible en ces temps de pénurie de logements, la thématique du « recyclage au profit de l’habitat » montre quelques opérations iconiques comme la réhabilitation de la tour Bois-le-Prêtre (arch. Lacaton & Vassal) qui, pour un prix moyen de 110 000 € par logement, présente un bilan des plus enviables : 40% de surface de plancher en plus, sept typologies - du studio au T7 - au lieu de trois, et une diminution de la consommation énergétique de 100 kwh/m2/an par rapport à l’état initial, ce qui permet de compenser l’augmentation de loyer des appartements rénovés par une diminution des charges collectives.

Exposition renouvelée

Plus original, le thème de « l’infrastructure, source d’architecture » montre des projets qui exploitent des éléments de l’univers portuaire et ferroviaires. Dédiés pour la plupart à la mobilité, ces équipements d’ingénieurs (viaducs, tunnels, darses,…) peuvent être appréhendés comme de véritables projets d’architecture. Etayant ce propos, les architectes de EM2N ont conçu à Zurich des équipements et des commerces sous deux viaducs. L’agence BIG, quant à elle, n’a pas hésité à construire le musée maritime de Copenhague en utilisant une ancienne cale sèche.

Inaugurée en décembre dernier, l’exposition se renouvellera tous les trois mois. La frise chronologique globale restera inchangée, mais la présentation détaillée des projets sera modifiée pour que le visiteur assidu puisse découvrir les images, les plans et les maquettes de l’ensemble des 72 projets. Ces rotations seront accompagnées de trois tables rondes. Une manière de replacer la réflexion et la question de la transformation au centre de l’exposition…

Tristan Cuisinier

En savoir plus :

 - « Un bâtiment, combien de vies », exposition jusqu’au 28 septembre 2015, Cité de l’architecture et du patrimoine, 1 place du Trocadéro, Paris 16 – Du lundi au dimanche sauf le mardi, de 11h00 à 19h00, nocturne le jeudi, de 11h00 à 21h00.

- Tables rondes : le 4 février, le 16 mars et le 02 juin 2015

- « Un bâtiment, combien de vies ? », ouvrage collectif sous la direction de Francis Rambert, 350 pages, 500 illustrations, format 24x30 cm, coédition Cité de l’architecture et du patrimoine / Silvana Editoriale, 2015.

La reconquête du banal
Exposition Un bâtiment combien de vie ?
L’infrastructure source d’architecture
Exposition Un bâtiment combien de vie ?
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Le recyclage au profit de l’habitat
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