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Claude Parent, une vie à l'oblique

Cité de l'architecture / Fond Claude Parent : Copyright 2017

Architecte à la reconnaissance tardive, inventeur du concept de la "fonction oblique", utopiste convaincu et dessinateur hors pair, Claude Parent laisse l'architecture moderne orpheline d'une grande figure. Il s'est éteint ce samedi 27 février 2016, le lendemain de ses 93 ans.

 
 
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Toute sa vie il s'est attaché à développer et à faire comprendre à ses contemporains son concept de la « fonction oblique ». Il y a consacré des ouvrages (« Vivre à l'oblique », 1970), des expositions, et bien sûr des réalisations, de la maison Drusch à Versailles (un cube à demi renversé) en 1963 au Centre d'animation Roissy Pôle en 1996. Cette « fonction » à l'heure du dessin assisté par ordinateur semble une évidence. Mais remettre en question le plan – unité de base de l'écriture en architecture – pouvait en d'autres temps paraître insensé.

 

Élève de Le Maresquier aux Beaux arts de Toulouse il fera ses armes chez Jean Trouvelot à Paris mais surtout chez Le Corbusier. Court séjour durant lequel il assimilera très vite les codes et les questionnements du mouvement moderne. Avant de se lancer à son tour dans la grande aventure de l'acier et du béton. Monolithe bien ancré dans le paysage, l'église Sainte-Bernadette du Banlay à Nevers (1968) en est l'expression la plus criante, aboutissement de recherches sur le brutalisme en rupture totale avec l'horizontalité du plan.

 

Approche radicale

 

Il livre la même année avec André Bloc et les architectes iraniens Mohsen Foroughi et Heydar Ghiaï une « petite tour métallique suspendue, signal d'une entrée dans Paris » : la maison de l'Iran à la Cité universitaire de Paris. Ses autres réalisations avec le plasticien Bloc (café des Champs-Elysées et maison du Cap d'Antibes) sont également marquées par l'empreinte du néoplasticisme, un art « abstrait, austère et géométrique ». 

 

Mais Claude Parent recherche une approche encore plus radicale de la notion d'espace. Elle se concrétisera dans la construction d'hypermarchés à Reims, Sens, Ris-Orangis et Epernay et de centres socio-culturels comme la MJC de Troyes. Réalisée selon un « plan modulable et combinatoire », cette maison des jeunes et de la culture doit alors servir de prototype pour en industrialiser la construction. Devenue « ruine neuve » à cause de règlements de compte entre jeunes, elle est démolie en 1978 par la municipalité sur les conseils de l'architecte.

 

Engagement politique

 

N'hésitant pas à prendre position en matière politique, Claude Parent s'engage comme conseiller du programme nucléaire d'EDF. En rupture avec ses collègues, il défend l'intégration des constructions dans leur paysage, leur mise en couleur et une exigence esthétique jusqu'ici totalement délaissée. La polémique ne manquera pas de s'élever alors qu'il ne livre finalement que des éléments des centrales de Chooz et Cattenom, en Lorraine. 

 

A l'orée des années 2000, Claude Parent s'apaise, mais n'en perd pas sa verve et sa passion tenace. Il marque mieux la distinction entre l'exercice du métier d'architecte (nombreux collèges et lycées de grande qualité plastique, immeubles de bureaux à Nîmes et Marseille) et son activité critique (dans L'Architecture d'aujourd'hui principalement). Grand Prix national d'architecture 1979, sa présence à la Biennale de Venise de 1996, puis une grande exposition monographique à la Cité de l'architecture en 2010, confirment enfin sa place de maître à penser sur la scène internationale.

 

Laurent Perrin

 
Claude Parent, une vie à l'oblique
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