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Cinéma d’Alésia : allumez la lumière !

Guillaume Guérin : Copyright 2019

 

Gaumont-Pathé renouvelle peu à peu l’architecture et le confort de ses cinémas parisiens. Après Les Fauvettes (13e) et le Gaumont-Convention (15e), le Gaumont-Alésia (14e) a été entièrement reconstruit. L’agence Manuelle Gautrand Architecture y a conçu une façade bardée de LED qui diffuse des affiches de films et quelques animations. Ambiance Broadway…

 
 
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« Nous souhaitions renouer avec la tradition des cinémas d’autrefois qui avaient l’apparat des grands lieux culturels », indique Manuelle Gautrand, en retraçant l’histoire du magnifique espace voûté de 2800 places du Montrouge Palace (1921), rebaptisé Gaumont-Alésia après plusieurs campagnes de transformation et de division en plusieurs salles de projection (1951, 1973, 1986 et 2004). En 2016, l’abondance de l’offre filmique reste une nécessité : la reconstruction complète du bâtiment a permis de gagner encore une salle supplémentaire (huit au lieu de sept). Mais, l’architecte a su s’accommoder de la densité pour que le plaisir cinématographique soit doublé d’une expérience spatiale : « Les éléments de programme sont superposés à l’arrière de la parcelle pour libérer un atrium spectaculaire le long de la façade », note-t-elle. Au centre de cette triple hauteur parcourue par des escaliers et des escalators, des gradins en forte pente forment des zones d’attente et de rencontre, agrémentées de projections off.

Exit les couloirs méandreux et les parcours initiatiques feutrés d’accès aux salles. Les circulations à la sonorité brillante du nouveau Gaumont-Alésia sont lisibles et généreuses. La répartition programmatique est exprimée avec clarté. Au rez-de-chaussée, l’accueil et la billetterie sont coiffés d’un faux plafond qui suit la ligne de gradins des deux espaces de projection du 1er étage. Sols, murs et plafonds sont traités uniformément avec un gris lumineux, en opposition aux salles obscures. « Il n’y a pas de couleur dans l’architecture des lieux d’accueil », dit Manuelle Gautrand avant de s’exclamer : « Ceux qui me connaissent conviendront que j’ai été très sage ! »

 

Images à facettes

 

Pour trouver des teintes et des contrastes, il faut se tourner vers l’éclat des présentoirs à bonbons, le rouge écarlate des fauteuils (charte Gaumont) et la façade à diodes électroluminescentes qui, jouissant d’une visibilité exceptionnelle depuis le carrefour d’Alésia, confère une forte attractivité à l’établissement. Plutôt que de s’en remettre à un écran rectangulaire, l’architecte a imaginé une surface plissée où les images « spatialisées », fixes ou animées, présentent des contours irréguliers. Sur les côtés, les points de lumière disparaissent progressivement pour ne pas éblouir les habitants des immeubles mitoyens. En limite basse, ils suivent les plans déconstruits de la marquise qui souligne l’entrée du cinéma. « Le format atypique de diffusion des images implique un travail préalable de conception sur ordinateur.Il oblige l’exploitant à définir des visuels originaux et poétiques », se félicite Manuelle Gautrand, portée par un besoin d’abstraction et un désir d’architecture.

Recouvert par la « façade média », l’atrium demeure largement éclairé naturellement. Ses baies vitrées obliques sont flanquées de brise-soleil en forme de réglettes horizontales qui reçoivent les barrettes de LED. Ces dernières sont encapsulées dans des cabochons sphériques en polycarbonate opalescent pour assurer la bonne diffusion des faisceaux lumineux. « Un procédé qui répond à l’objectif d’une vision à 180° des images, tout en préservant la transparence de l’intérieur du cinéma vers l’extérieur », dit Vincent Thiesson, concepteur lumière de l’agence On. Mais aussi un dispositif technologique qui constitue un incroyable support publicitaire pour Gaumont et confirme le savoir-faire de Manuelle Gautrand lorsqu’il s’agit de projeter efficacement la vocation d’un bâtiment sur l’espace public, à l’instar du showroom parisien de Citroën et des Galeries Lafayette de Metz.


Tristan Cuisinier


Fiche technique 
:

Maîtrise d’ouvrage : Gaumont-Pathé
Architecte : Manuelle Gautrand Architecture
Maîtrise d’œuvre d’exécution : Getrap
BET : ON (conception lumière), TESS (façades), KEPHREN Ingénierie (structure), INEX (fluides et ascenseurs), PEUTZ (acoustique)
Surface : 3 600 m2 sdp
Montant des travaux : 12 M€ H.T
Calendrier : 2011-2014 (études), 2014-2016 (chantier)

Gaumont-Alésia
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