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Catherine Mosbach et Philippe Rahm : le visible et l'invisible

© Cyberarchi 2019

Elle est française et paysagiste, il est suisse et architecte. Et ensemble, ça fonctionne : rencontre avec Catherine Mosbach et Philippe Rahm, récents lauréats du concours du Gateway Park à Taïwan.

 
 
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Le goût du vivant

Elle, c'est Catherine Mosbach, entrée en 1983 à l'Ecole Nationale Supérieure du Paysage de Versailles « pour travailler dehors ». Distinguée pour le nouveau jardin botanique de Bordeaux en 2003 (elle obtient le prix européen du paysage), elle se fait à nouveau remarquer en 2007 avec le parc archéologique et botanique de Solutré. Le prochain rendez-vous est déjà pris en décembre 2012, avec l'ouverture du parc du Louvre-Lens, véritable écrin autour du bâtiment conçu par l'agence Sanaa. Dans toutes ses réalisations, deux constantes : la même volonté de recycler et économiser les ressources naturelles, le même désir de créer un espace « protégé » en lien avec l'histoire du site.
Un peu plus jeune, Philippe Rahm, quant à lui, sort diplômé en 1993 de l'Ecole Polytechnique de Lausanne, sa ville natale, dans la section d'architecture. Ce qui l'intéresse, c'est la perception « physique » de l'espace, d'où le nom (quelque peu surréaliste) de son agence : « Architecture Météorologique ». Car c'est en fonction de la température, de l'hygrométrie et du niveau de pollution qu'il élabore ses projets comme... des « climats à habiter ». Un exemple ? Imaginez un appartement aménagé selon les courants d'air chauds ascendants, la baignoire étant sur la plus haute mezzanine et le lit au niveau le plus bas.

Un langage à réinventer

Philippe Rahm, actuellement finaliste du concours pour la médiathèque du nouveau campus de Nancy, a encore peu de réalisations à son actif, car il concède volontiers qu'« il est plus facile de gagner un concours sur des idées consensuelles que sur de nouvelles idées ! » Les premiers, les musées se sont fait l'écho de ses recherches. Le Guggenheim de New York, le centre Pompidou à Paris, mais aussi la Biennale de Venise (2002 et 2008), ont reconnu la valeur et l'originalité de son travail, qui cherche à « repenser et remettre en jeu les choses pour que l'architecture se réinvente ». Ainsi, en 2002 à Venise, il réalise pour le pavillon suisse l'« Horminorium », espace reproduisant les conditions climatiques qui règnent à une altitude de... 3000 m. Sa rencontre avec Catherine Mosbach est d'abord liée aux circonstances : l'un et l'autre font en effet partie des rares Francophones enseignant aux Etats-Unis, elle à l'Université de Pennsylvanie, lui à l'Université de Princeton... lorsqu'il ne donne pas des conférences partout dans le monde !

Un parc « climatique » à Taïwan

Depuis lors, le concours du Gateway Parc a récompensé l'étroite complicité que Catherine Mosbach et Philippe Rahm ont nouée sur le plan professionnel. Leur mission : aménager un parc de 69 hectares à Taichung, ville de 2,6 millions d'habitants au centre de l'île de Taïwan. Leur défi : comment, sous un climat chaud et humide, dans une atmosphère chargée, « pousser dehors » une population habituée à l'air conditionné ? Leurs objectifs : baisser la pollution, rafraîchir, assécher. Leur solution : tracer différents parcours bordés d'arbres et de plantes dépolluantes, de brumisateurs, de puits géothermiques, de filtres, de dispositifs anti-moustiques... Le tout dans une optique 100% durable : 95% des ressources seront de nature végétale, la part de la technologie étant réduite à 5%, et utilisant des énergies renouvelables. Dans cet espace, destiné par ailleurs à accueillir musées et parkings, trois promenades seront proposées : un parcours familial « moins pollué », un parcours sportif « plus sec » et un parcours détente « plus frais ». Et sans oublier, bien sûr, la touche esthétique qui constitue leur marque de fabrique habituelle !
Dans une culture marquée par la dualité du yin et du yang, par la complémentarité des contraires, ce n'est sans doute pas un hasard si le projet choisi allie le « visible » et l'« invisible », dans un souci constant d'harmonie entre l'homme et la nature. Un projet qui ferait aussi rêver en Occident...

Marie-Clarté Mougeot

Catherine Mosbach et Philippe Rahm : le visible et l'invisible
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