• Accueil
  •  > 
  • Carin Smuts, lauréate de la seconde édition du Global Award
Rejoignez Cyberarchi : 

Carin Smuts, lauréate de la seconde édition du Global Award

© Cyberarchi 2019

C'est la Sud-Africaine Carin Smuts qui a remporté, le 22 septembre dernier à Poissy, le Global Award for Sustainable Architecture 2008. Carin Smuts a fondé son agence - CS Studio - en 1989, à l'abolition de l'apartheid, avec l'objectif de participer aux nouvelles politiques de développement des townships. "Notre travail porte sur l'homme", dit-elle.

 
 
A+
 
a-
 

Dans son dernier livre, paru en 2007*, le pionnier de l'écologie politique André Gorz écrivait, espérant une prochaine révolution urbaine écologique : "il est probable que ce seront des Sud-Américains ou des Sud-Africains qui, les premiers, recréeront dans les banlieues déshéritées des villes européennes les ateliers d'autoproduction de leur favela ou de leur township d'origine". Son voeu se réalise puisque c'est la Carin Smuts qui remporte donc cette seconde édition du Global Award for Sustainable Architecture.

"our sustainiblity is about people"

Après avoir d'abord pensé être médecin, Carin choisît d'étudier l'architecture, jugeant que "ce métier lui permettrait d'avoir une action sociale encore plus grande".

Depuis 1989, Carin Smuts travaille dans les townships, libérées de l'apartheid mais qui restent exclues du développement général.

Pratique-t-elle une architecture durable ? Elle le dit et dit surtout comment : "le sens de l'économie, l'usage raisonné des matériaux, c'est l'éthique même de l'architecture ! Mais pour construire dans les townships, il faut déjà que les gens aient pu exprimer un besoin, formulé un programme, su le mettre en oeuvre. Mon expérience m'enseigne que c'est impossible s'ils n'ont pas reconquis leur propre liberté. Je ne conçois l'architecture que comme le moyen pour ces hommes de reconquérir leur propre gouvernance. Notre travail porte sur l'homme".

Carin Smuts construit, avec des budgets extrêmement faibles, des équipements, des logements, des services, non seulement pour mais avec les communautés noires. Qui définissent le programme avec elle, le construisent puis le gèrent eux-mêmes. Un projet de Carin Smuts produit plus d'énergie culturelle qu'il ne dépense de matière.

De la même manière que le bengladais Muhamma Yunus a inventé le microcrédit, Carin Smuts a inventé le micro-développement durable, une démarche qu'elle résume d'une formule : "Do locals : materials, details, labour"**.

Lauréate du Global Award for Sustainable Architecture 2008, Carin Smuts a reçu la commande du second projet de la Collection-Manifeste d'architecture en Seine aval : un centre multiservices qui va revitaliser la petite ville de Follainville-Dennemont. Le premier projet confié au lauréat 2007 Hermann Kaufmann, un gîte rural à Chanteloup, sera inauguré au printemps 2009.

Lire également notre portrait 'Carin Smuts (CS Studio) : une vision particulière de la responsabilité de l'architecte'.

Pour rappel, les autres architectes nominés de cette édition étaient :
>> Fabrizio Carola, Naples, Italie / Mali ;
>> Elemental, Alejandro Aravena, Santiago du Chili, Chili ;
>> Rural Studio, Andrew Freears, Newburn, Alabama, Etats-Unis ;
>> Philippe Samyn, Bruxelles, Belgique.

* Ecologica Editions Galilée 2007
** in documentaire TV 'portrait de Carin Smuts', Eclectic Production. Dans le contexte de l'interview, la formule peut se traduire : "il faut employer les ressources qui sont là : les matériaux, les usages constructifs et utiliser le chantier pour donner du travail aux habitants".

Carin Smuts, lauréate de la seconde édition du Global Award
Carin Smuts, lauréate de la seconde édition du Global Award
Carin Smuts, lauréate de la seconde édition du Global Award
Mot clefs
Catégories
Article précédent  
Article suivant  
< Une  
CYBER