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Brigitte Hellin : « Il est plus facile d’ajouter que de modifier »

© Jean-Pierre Porcher : Copyright 2017

 

Abandonné depuis les années 1990 par le CHU de Montpellier, l’ancien hospice Saint-Charles – un « hôpital-prison » créé par Louis XIV – s’est métamorphosé en campus universitaire. Une opération signée Hellin-Sebbag, aux portes de la vieille ville.

 
 
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Dix ans de travail ! Après avoir œuvré à la réhabilitation du bâtiment principal de l’hôpital Saint-Charles (XVIIe siècle) pour les étudiants de l’université Paul Valéry, l’agence Hellin-Sebbag vient de reconvertir l’aile des incurables (XVIIIe siècle) à l’usage de ses chercheurs. Cette seconde tranche de travaux de 6 377 m2 SHON a duré près de trois ans. Logiquement, les salles de séminaires et les programmes collectifs ont été installés au rez-de-chaussée, alors que les espaces de travail des universitaires ont pris place dans les étages.

Sous l’impulsion de la DRAC, les façades en pierre, inscrites aux monuments historiques, ont fait l’objet d’un strict travail de restitution, menuiseries pareclosées en bois comprises. Aucune grande façade contemporaine n’en oblitère la rigueur classique, à la différence de celle qui avait été apposée devant le bâtiment principal en tranche 1. Seul un jardin d’hiver d’une vingtaine de mètres de longueur a été érigé en façade arrière, dans la cour dite des incurables. Agrémenté de fauteuils et de jeunes orangers en pot, ce lieu reposant compense la faible largeur du bâti d’origine - 10,50 m seulement à cet endroit - et constitue une liaison essentielle pour relier les trois corps de bâtiment. « La clé du projet se trouve dans la fluidité des parcours », énonce Brigitte Hellin, en rappelant que, lors de première tranche de travaux, la mise en communication de la cour des platanes avec celle des marronniers avait été obtenue en transformant deux salles voutées en cafétéria universitaire, au prix d’une série de percements dans un long mur porteur.

 

Voûtés

 

Contrainte par le carcan de l’enveloppe et la trame structurelle de l’édifice historique, l’agence de Brigitte Hellin et Hilda Sebbag - qui travaillent à 750 km de distance, l’une à Montpellier, l’autre à Paris - a tout de même réussi à insérer l’amphithéâtre derrière le jardin d’hiver. Comme presque tous les rez-de-chaussée, cet espace en gradins pour 100 personnes est coiffé par les voûtes originelles du XVIIIe siècle.

Évoquant l’éternel débat entre la conservation de l’existant et sa transformation (ou sa réinterprétation), Brigitte Hellin déclare, à force de pragmatisme hérité de ses nombreuses confrontations avec les différents services patrimoniaux, qu’il « est plus facile d’ajouter [une architecture] que de [la] modifier. » Pour ménager les susceptibilités et se libérer du poids de l’ancien, les architectes ont systématisé les articulations en creux entre leurs interventions et l’existant : retraits des parois vitrées et faille de lumière pour le jardin d’hiver, cunettes le long des murs pour les salles de travail, etc. Ne reste plus qu’à vérifier la validité de ces principes à plus grande échelle, lors de la troisième phase (conditionnelle) du projet, pour laquelle l’agence devrait construire une vaste extension entièrement neuve en vue de densifier le site…

 

T.C.

 

 

Fiche technique :

Maîtrise d’ouvrage : ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation - Rectorat de l’académie de Montpellier / Architecte mandataire : Hellin-Sebbag, architectes associés / Architecte du patrimoine : Fabrica Traceorum / BET : GEC Ingénierie (fluides), Aigoin (structure) / Économie : Cabinet Le Douarin / SHON tranche 2 : 6 377 m2 / Coût des travaux tranche 2 : 9,95 M€ H.T. / Livraison tranche 2 : avril 2017

 

Hellin-Sebbag, architectes associées : https://www.hellin-sebbag.archi/

 

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