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Bilan du congrès de l'UNSFA : Le bonheur architectural pour tous n'est pas pour demain

Le congrès de l'UNSFA qui s'est tenu du 17 au 19 octobre dernier à Dijon, a permis de rappeler que l'objectif du " bonheur architectural pour tous ", le thème de ce 33ème congrès, est encore loin d'être atteint. Les " concours conception-réalisation " sont également sur la sellette.

 
 
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" C'est un problème économique et culturel ", martèle François Pélegrin, président de l'UNSFA, reprenant à chaque fois son métier. Les architectes, qu'il soit question d'urbanisme, de maisons individuelles ou de constructions de prisons, ont le sentiment d'être marginalisés au sein de la société française. Ils récusent également l'élitisme qu'on leur prête. " Nous sommes créatifs, pragmatiques et surtout pas naïfs ", assure François Pélegrin qui tient à créer une véritable architecture de proximité. Une gageure ?

Addition tronquée ?

Comptabilisons toutes les dépenses induites par le mal-vivre, les dépenses de malfaçons ou les dégâts, les coûts de " création " cachés des entreprises qui offrent des maisons clefs en main, l'entretien, l'environnement, le coût de l'absentéisme et du manque de productivité pour cause de bureaux mal faits, etc. dit-il en substance. " Un cadre de vie mal-foutu à un coût énorme pour la société, sans parler du malheur de ceux qui y vivent ", ajoute-t-il.

Prise de conscience ?

Problème culturel ensuite. François Pélegrin ne lasse pas de s'étonner que les Français, contrairement aux autres européens, soient si peu soucieux d'architecture, et donc de l'architecte. " La société pourrait être plus harmonieuse si elle faisait davantage recours à des hommes de sens, dont l'architecte ", dit-il. De fait, l'homme qui n'a que des pâtes à manger les trouve excellentes.

Pour augmenter le niveau d'exigence des Français, non seulement concernant leurs maisons ou appartements mais aussi pour ce qui concerne l'urbanisme des quartiers et villes dans lesquels ils vivent, François Pélegrin estime qu'une éducation à l'architecture dès l'école est nécessaire. Face aux timidités des ministres successifs de la culture en bute aux puissants lobbies du bâtiment, il compte donc sur une demande des citoyens mais surtout sur la prise de conscience des élus locaux. Lesquels constatent tous les jours les dégâts dans les quartiers dits difficiles, s'inquiètent aujourd'hui de recréer les mêmes problèmes dans 20 ans avec les zones pavillonaires en lieu et place des cités (ce mot zone est d'ailleurs celui qui était utilisé, souvenez-vous des ZUP et autre " c'est la zone ") ou qui s'affolent de la laideur de leurs entrées de ville.

De fait l'une des actions prochaine de l'UNSFA sera à l'adresse des élus locaux. Il s'agira d'une analyse chiffrée - puisqu'il " faut parler d'argent " - de tous les coûts à mettre dans la balance quand il s'agit d'évaluer les quartiers qui marchent de ceux qui ne marchent pas.

Enfin, une autre discussion lors de ce 33ème congrès eu lieu autour de la MOP (maîtrise d'oeuvre publique). La relance par le gouvernement, notamment le ministère de l'intérieur avec la construction de 11 000 places de prisons, de programmes d'urgence avec le recours aux " concours conception-construction ", qui marginalise l'architecte, est un sujet d'inquiétude. Non en tant que tel mais au sens où " l'urgence " serait bientôt systématisée et deviendrait la norme plutôt que l'exception. Les grandes sociétés du BTP n'auraient plus alors qu'à se partager le territoire.

D'autant que dans ce cas, l'architecte, par la voix de François Pélegrin, a le sentiment de servir de bouc-émissaire. " On gagne six mois en ne faisant pas de concours sur un projet qui dure cinq ans, explique-t-il. Or il faut à l'architecte 6 mois d'études, il en faut 14 à l'entreprise pour boucler le chantier. Le reste des délais est d'ordre administratif ". Le message au ministre est donc de commencer par balayer devant sa porte.

Enfin, pour mémoire, ce système de " conception-construction " était celui appliqué lors de la construction des lycées d'Ile-de-France qui, dans les années 70 et 80 ont donné lieu à des dérapages mal contrôlés par les politiques de tous bords et des surcoûts de construction au final supportés par les contribuables.

Au-delà de la diatribe corporatiste, refrain connu adressé aux architectes, ce congrès aura eu le mérite, une fois de plus, de poser clairement les choix de société qui s'offrent aux Français.

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