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Bien choisir sa lanterne magique

© Cyberarchi 2019

La vidéoprojection est plus proche du cinéma que de la vidéo, en termes de qualité d'image, vous le comprendrez si vous en saisissez les subtilités technologiques. A condition de faire le bon choix technique, sans nécessairement tuer le cochon-tirelire.. Chronique informatique de Christophe Hébert.

 
 
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C'est un sujet d'étonnement, et d'émerveillement qui perdure des années après l'achat, tant la projection d'une image sur un simple mur est belle. C'est donc un outil stratégique non négligeable pour présenter un projet dans une mairie ou pour séduire un client privé. Certes le contenu ne doit pas être mauvais non plus...

Deux technologies en lice

Dans les débuts, il y avait une seule technique de projection video, tombée aujourd'hui en désuétude : trois tubes cathodiques spéciaux associées à de grosses lentilles. Il y en avait, une par couleur primaire. Ces appareils étaient délicats à installer, parce qu'ils nécessitaient une distance fixe jusqu'à l'écran. La demande croissante de nouveaux appareils, plus pratiques et plus abordables ont permis de développer deux techniques innovantes :

- le DMD : Inventé par Texas Instrument, il s'agit d'un panneau non plus translucide, mais constitué de micro-miroirs ! Chaque micro-miroir peut être en position de réflexion de la lumière, pour ainsi renvoyer une matrice d'image. La couleur est obtenue tout simplement en faisant passer la lumière à travers un disque rotatif translucide successivement coloré en rouge, vert, bleu. A 24 images-secondes, je vous laisse calculer la vitesse de rotation. Vous verrez sur les documentations techniques, que des modèles plus chers sont équipés de disques rotatifs avec des couleurs additionnelles, pour des capacités améliorées en reproduction de couleurs.

Il n'y a pas une meilleure technique par rapport à l'autre. Les micro-miroirs du panneau DMD renvoient une image plus contrastée (la lumière est diffusée ou pas), plus lumineuse (pas de perte à travers une surface translucide), plus nette. Oui, mais, la technique LCD, moins parfaite, offre justement une meilleure image pour le cinéma, sur des modèles pas nécessairement dédiés.

Cinéma, image issue de l'ordinateur, il faut choisir, ou bien alors les deux... Il faut définir au préalable l'usage qualitatif pour bien choisir l'appareil, ce n'est pas nécessairement une question de budget. Il y a ceux comme moi qui ne peuvent plus se passer de Sharon Stone à l'échelle 1, sur le mur de mon petit studio versaillais. J'avais d'ailleurs envisagé, un moment, d'essayer de projeter sur le mur d'en face, de l'autre côté de la rue, avide d'une image toujours plus grande, mais l'engin, fort bruyant, date un peu et n'a que 300 lumens ANSI de puissance lumineuse.

Si vous destinez le videoprojecteur à un usage exclusivement professionnel, c'est à dire la diffusion d'une présentation par ordinateur, vous pouvez acheter les yeux fermés n'importe quel modèle, technologie DMD ou LCD. Vous pourrez regarder de temps en temps un film. Seule vous intéresse la résolution native, et encore... En revanche, si vous souhaitez également profiter d'une salle de cinéma à domicile (professionnel) sans subir les bruits de Cellophane froissé du voisin de derrière, qui se goinfre de pop-corn depuis le début de la séance, là, il va falloir faire très attention.

L'acquisition d'un videoprojecteur est un peu analogue au choix d'enceintes acoustiques pour les puristes : il y a une facture d'image comme il y a une couleur sonore. La subtilité, outre la résolution de l'image, réside dans le fait que la technologie LCD donne de meilleurs résultats sur les appareils les plus abordables, tandis que le DMD nécessite en principe des circuits électroniques supplémentaires, pour éliminer les effets de matrices trop présents du fait de la technologie à base de micro-miroirs. L'excellent contraste donné par le DMD avec une résolution native d'entrée de gamme devient un problème pour donner une qualité "cinéma" à une image video. Le LCD donne une légère imperfection qui devient une qualité dans ce cas, certains DVD peu compressés donnent même un rendu quasi "argentique".

Dans tous les cas, les appareils sont équipés d'un circuit électronique qui double les lignes de la matrice. Par exemple mon vieux Phillips ProScreen 4.100 est équipé d'un seul panneau LCD 800 x 600 pixels, et pourtant il délivre une résolution de 1.280 x 1.024 par ce procédé et... ça se voit. Ce circuit est tellement excellent que j'hésite dans le choix d'un modèle de remplacement. Il ne donne cependant de la qualité qu'aux images en mouvement, c'est à dire la vidéo. En présentation par ordinateur, c'est du 800 x 600, le procédé devenant gênant sur ce type d'image (effet de scintillement).

Voilà, vous pourrez faire sonner votre portable, vous êtes chez vous.

La focale la plus courte

Là, tout dépend si vous habitez dans un palace ou dans un petit appartement. Comme le second cas est le plus fréquent, il faut faire attention à ce paramètre. Pour obtenir une image de deux mètres de base, par exemple, certains appareils nécessitent une distance plus ou moins éloignée (entre 2,5m et 4m). Aucun modèle n'est identique sur ce point, bien qu'ils soient équipés pour la plupart d'un zoom, vous serez amené à limiter votre choix, c'est le cas de le dire. Vous trouverez dans l'illustration de cet article un tableau avec ma sélection d'appareils en fonction de ce critère.

La lampe d'où sort le génie

Malheureusement, comme vous le savez sans doute, les génies qui se cachent dans les lampes ont tendance à ne pas offrir des prestations illimitées. En video-projection, la lampe a une durée de vie limitée, et elle peut coûter très cher à remplacer : entre 300 et 800 euros, c'est à dire la moitié du coût du video-projecteur. Heureusement, pour un usage régulier pour la projection d'oeuvres de qualité (ne regardez pas les programmes télévisés avec, c'est vraiment de l'argent gâché), par exemple, un épisode d'une excellente série TV par jour, deux trois films par semaines, une projection de temps en temps, dans le cadre professionnel, comptez 400 à 500 heures par an (un peu plus la première année... évidemment). Pour peu que votre lampe dure 3.000, voire 4.000 heures, vous remplacerez peut-être l'appareil avant de devoir remplacer ce très coûteux consommable.

A la nuit tombée

Le taux de luminosité, exprimé en lumens, n'est pas vraiment un critère éliminatoire, surtout en home-cinéma, où le noir (et peut-être l'attente du soir) fait partie du rituel. Dans le noir, l'image sera nécessairement bonne. En revanche, pour une présentation en journée, dans une légère pénombre, un minimum de 1.000 lumens est nécessaire. Mais, aujourd'hui de nombreux appareils, inférieurs à 1.000 euros offrent théoriquement ces capacités.

L'écran

Sans aucune importance, si vous avez un mur, même blanc cassé avec des fissures. Avant que je ne déplace les meubles pour optimiser (enfin rendre hors de proportion) la taille de l'image, il y avait même une poignée de porte et un interrupteur dans l'image, et ça ne gênait personne...

Ô poussières ennemies

Respectez bien les consignes de nettoyage du filtre, lorsqu'il y en a un, toutes les 100/200 heures, c'est un fléau. Certains modèles sont plus ou moins bien protégés. Reportez vous au tableau de ma sélection.

Christophe Hébert

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