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Aux Noisetiers, près de Laval (53), les locataires n'ont plus de soucis de circulation

© Cyberarchi 2014

"Les Noisetiers" est une réalisation de sept logements adaptés (6 + 1) destinée à accueillir des personnes lourdement handicapées et à favoriser leur intégration, leur indépendance et leur autonomie au sein d'une structure commune. Domotique et accessibilité préfigurent, dans ce projet signé Bernard Houet, les normes de confort de demain.

 
 
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"Comment faire rentrer sept logements d'environ 70 m² chacun plus des locaux techniques plus un car park, le tout relié par une galerie couverte, dans un terrain de 1.466 m², tout en conservant 265 m² d'espaces verts et 320 m² de stationnement ?", s'interrogeait l'architecte Bernard Houet en septembre 2004. Encore ces appartements devaient-ils par ailleurs être totalement adaptés à leurs locataires handicapés.

A l'origine de cette réalisation, il y a une initiative permettant, en 1995, la mise en place d'un projet "Le Foyer Thérèse Vohl à l'horizon 2000" dont le but est de garantir aux résidents handicapés du foyer qui le souhaitent de devenir autonomes dans leur propre domicile. Un service de préparation à la vie autonome, constitué d'un parcours de 4 étapes et 60 items d'évaluation (tests de sécurité, d'autonomie, d'alimentation équilibrée...), est alors instauré. Un logement-test est également mis à leur disposition. C'est cette démarche qui a abouti avec la livraison en septembre dernier de ces logements regroupés, leur implantation au coeur d'un lotissement paysagé de 120 parcelles devant faciliter les relations sociales de voisinage. Ce regroupement des logements rend possible la mutualisation des services d'aide humaine sans pour autant empiéter sur l'intimité de chacun. "Une grande première nationale", se félicite le maître d'ouvrage*.

Dès l'origine du projet, un architecte du CAUE (Conseil d'Architecture, Urbanisme et Environnement) de la Mayenne aide à définir, avec les futurs locataires handicapés moteurs, les besoins spécifiques en termes techniques. Le projet est ensuite confié à Méduane Habitat (présent aux côtés de l'Association des Paralysés de France depuis 30 ans) qui, à l'issue d'un concours lancé en février 2004, retient l'architecte lavallois Bernard Houet pour sa réalisation.

"La concertation est le maître-mot de ce projet", explique Bernard Houet. "Jusqu'à la livraison, une concertation approfondie fut non seulement souhaitable, mais indispensable pour mener à bien un projet aussi innovant et aussi sensible que celui-ci, un projet qui répond de manière optimum aux souhaits et besoins d'une population très lourdement handicapée", dit-il. De fait, chacune des propositions de l'architecte et des entreprises fut validée par les résidents, y compris durant la phase chantier qui connue quelques modifications en cours de travaux. L'expérience fut telle pour l'architecte - veiller ainsi à chaque moindre détail de la vie quotidienne - que ses 'rapports de concertation' sont des petits précis d'accessibilité.

Toutes ces contraintes l'ont amené à proposer des locaux sous dalles, habillés d'un bardage bois en vêture avec un fractionnement des masses pleins / vides offrant une lisibilité de chaque plot d'habitation. "De plus, avec des pavillons environnants prévus à R + C, la construction reste humble, ne détruit pas l'ensemble architectural du lotissement et devrait même le rehausser grâce à son aspect innovant", dit-il. Enfin, une nappe aérienne "en suspension" protège la galerie des intempéries tout en permettant la ventilation et l'infiltration de la lumière naturelle.

Concernant l'aménagement intérieur, chaque logement dispose d'aménagements simples, peu onéreux et adaptables quelle que soit l'évolution du handicap. Chaque logement s'étend sur 72 m², quasiment sans angles, cette large surface permettant de vivre et d'évoluer en fauteuil électrique, tout en recevant des amis dans la même situation.

Afin de faciliter la vie des locataires et leur procurer un maximum d'autonomie : les logements sont de plain pied, sans seuil de porte et avec des fenêtres basses pour voir l'extérieur tout en restant assis ; la chambre, suffisamment vaste pour permettre de vivre à deux, est pourvue de lits médicalisés au design spécialement étudié pour ne pas ressembler à des lits d'hôpitaux ; dans la cuisine, le plan de travail et l'évier sont à hauteur adaptable, et les plaques à induction sont sécurisées ; la salle de bains est totalement étanche, avec une douche sans bac accessible en fauteuil et des toilettes suspendues ; entre la chambre et la salle de bain, un système de rails peut être installé sur le plafond en béton banché pour faciliter le déplacement des tétraplégiques par le personnel de soins. De plus, des prises RJ 45 adaptées aux personnes handicapées ont été mises en place, tandis que les poignées sont adaptées à leurs possibilités physiques. Chaque logement dispose enfin d'un auvent collectif, d'un jardinet, d'un parking personnalisé et d'une terrasse.

Surtout un gros effort a été réalisé sur la domotique. Appliquée à ces logements, elle permet aux locataires, quelle que soit la gravité de leur handicap, d'ouvrir automatiquement les portes, de mettre en marche la cafetière ou la télévision et de déclencher n'importe quel appareil électrique à l'aide d'une télécommande à infrarouge ou, dans le cas de personnes tétraplégiques, d'un système de reconnaissance vocale. Jusqu'à 18 actions peuvent ainsi être commandées par la voix du locataire.

Enfin, l'implantation d'un septième logement mutualisé rend possible l'organisation de repas collectifs, de rencontres et de fêtes et la mise en place d'une véritable relation de solidarité entre les handicapés et le voisinage.

Le coût total du projet construit s'élève à 1.220.000 €.

Christophe Leray

Consulter également notre album-photo 'L'architecture au service de la totale autonomie d'handicapés moteur'
* La création des "Les Noisetiers" a été rendue possible par un partenariat entre les handicapés du Foyer Thérèse Vohl eux-mêmes l'organisme de logement social Méduane Habitat, le maître d'ouvrage, le Conseil général de la Mayenne, l'agglomération lavalloise, l'ADEME, la DDE et EDF.



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