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«Art et architecture», une exposition à Beaubourg commentée par l'architecte Dominique Chatelet

Dans le cadre des Rendez-vous du Musée à Beaubourg, l'architecte Dominique Chatelet a commenté, vendredi dernier, les oeuvres de la collection architecture du Musée Nationale d'Art moderne. Il s'est intéressé au lien qui unit l'art et l'architecture. Compte-rendu de cette conférence pas comme les autres.

 
 
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Rendez-vous pris à 19h au niveau 4 du Centre Beaubourg, où Dominique Chatelet attendait patiemment en compagnie d'élèves. Un petit groupe d'étudiants en architecture et autres curieux se sont regroupés autour de lui pour écouter attentivement son intervention. La visite s'est faite au gré de l'intérêt que porte l'architecte aux oeuvres. Rien de figé ni de scolaire, simplement une balade plaisante et instructive. D'ailleurs, lui-même précise que «ce ne doit pas devenir une obligation mais rester un plaisir», ce qui explique l'irrégularité de ses visites commentées.

La visite a débuté par l'oeuvre de Dubuffet intitulée «Jardin d'hiver». Comme à chaque découverte d'une oeuvre, celle-ci inspire une sensation. C'est de cette manière que Dominique Chatelet a voulu nous initier à la perception des lieux architecturaux. Pour cela, il a invité le groupe à entrer dans cette «grotte», pour ressentir, depuis l'intérieur, l'oeuvre de Dubuffet. Comme dans la peinture, où «c'est par le fond, qu'apparaît la forme», l'architecture relève du même principe puisque, selon Dominique Chatelet, «la forme du bâtiment doit s'élever de ses fondations».

La cause de cette perte ? La volonté d'assainir les quartiers, comme celui de Beaubourg, un des lieux les plus sales de Paris. Les rues ont été élargies pour faire rentrer la lumière. «La rue Rambuteau en est un parfait exemple, où la hauteur des façades est égale à la largeur de la rue», précise l'architecte. «Nous laissons alors la ville de sensation pour une ville fonctionnelle et technique», regrette-il tout en encourageant à humer toutes les perceptions que renvoie Paris à qui sait la regarder. «Peut-être que le lien entre l'art et l'architecture se résume au fait de voir la vie autrement», a suggéré le guide.

De plus, en s'appuyant sur le travail minimaliste de Serra, l'architecte en conclut qu'avec «presque rien, on peut faire quelque chose». Il suffit, selon lui, de faire le nettoyage de ce qui ne va pas, et ce qui est intéressant ressort tout naturellement. «Une sorte de manucure qui s'applique à la ville comme à la peinture», souligne-t-il.

Puis, dans une autre salle, il a profité des maquettes et des photos présentées pour aborder les différentes influences qui ont marqué l'histoire de l'architecture française. Ainsi, nous passons en revue les bâtiments sur pilotis de Le Corbusier et ceux en béton de Perret et Reynaudi. La marque de fabrique de ces architectes est telle que ceux qui suivront auront du mal à ne pas s'en inspirer. A l'instar du Musée de la Préhistoire d'Ile de France, à Nemours réalisé par Roland Simounet, qui montre l'influence de Perret sur ce dernier.

Ensuite, Dominique Chatelet s'est arrêté ici ou là. Une fois pour insister sur l'importance d'André Bloc dans la diffusion des oeuvres architecturales contemporaines dans le monde, grâce à sa revue d'architecture (devenue Architecture d'Aujourd'hui). Une autre fois pour raconter la fascinante histoire de la conception du bâtiment de Rem Koolhaas, pour le couple Lemoine, propriétaires du journal Sud-Ouest.

Enfin, un arrêt sur les dessins de Renzo Piano précédant la réalisation du centre culturel Jean-Marie Tjibaou à Nouméa a permis de souligner le travail de précision. Désormais relayées au rang des vieilleries, ces esquisses sont très rares. «Maintenant, plus aucun architecte aurait l'idée de présenter des dessins lors d'un concours. Tout est fait par ordinateur», semble regretter Dominique Chatelet. Il ajoute cependant qu'avec les logiciels, «les aspects raides rendus par le béton ou l'acier s'infléchissent avec l'ordinateur». Ce qui lui a permis d'annoncer, en guise de conclusion, la future exposition «Architectures non Standards» à Beaubourg, présentant douze équipes d'architectes du «virtuel» du 10 décembre 2003 au 1er mars 2004.

Après cette longue visite de plus de deux heures, les auditeurs se sont éloignés, apparemment ravis. Dominique Chatelet a continué à discuter avec ses élèves, à s'enquérir du devenir de chacun, avec la même curiosité et le même plaisir qu'il a eu lors de la visite. Si l'occasion se représente, c'est à ne rater sous aucun prétexte.

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