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ARCHITECTES DE L'URGENCE

S.O.S. Architectes ! A l'instar des associations de secours, des architectes sont en premières lignes sur les lieux des catastrophes naturelles en France et dans le monde, pour assurer conseil et assistance gratuite aux sinistrés. Une idée neuve qui tombe sous le sens.

 
 
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Depuis deux ans, il n'est plus une catastrophe naturelle en France, et bientôt dans le monde, sans que n'interviennent les architectes de l'urgence. Cette association dépêche en effet aussi rapidement que possible des architectes sur les lieux des catastrophes afin d'évaluer les dégâts et procéder le plus rapidement possible aux mises en sécurité des habitations ou infrastructures.

"Il est plus logique de faire appel à eux, qui engagent leur responsabilité, par rapport au diagnostic et aux interventions", explique Alice Moreira, une adhérente de la première heure chargée de la communication. En effet, l'avis de l'architecte est précieux lorsqu'il s'agit par exemple de déterminer si tel immeuble de 60 logements menace de s'effondrer, auquel cas il faut reloger les familles, ou si l'immeuble, malgré les dégâts, est toujours viable. Une évidence qui s'impose désormais mais à laquelle personne n'avait pensé avant Patrick Coulombel, son président et fondateur.

Car si les premières interventions sur le terrain se déroulent dans l'urgence, la mission de l'association dure en réalité beaucoup plus longtemps puisque des mois, voire un an plus tard dans le cas de Toulouse, l'association reçoit encore des appels de sinistrés ou de communes. Depuis plus de six mois également, des architectes sont à l'oeuvre en Afghanistan. De fait, afin de mieux gérer les demandes, l'association essaie de mettre en place désormais des regroupements de demandes par les mairies.

"Nous n'intervenons que si nous sommes sollicités", assure Moreira. En premier lieu, les architectes de l'urgence actionnent le réseau local via, en France, les ordres régionaux et font des propositions de services aux préfectures, conseil généraux ou mairie et régions concernés. Si la premiere réaction est réservée, les architectes locaux et les pouvoirs publics comprennent rapidement l'utilité de la démarche. De fait, après l'explosion de l'usine AZF de Toulouse, un architecte accompagnait la sécurité civile lors de diverses interventions. "Quant aux architectes locaux, notre discours n'est pas contraignant. La mobilisation est volontaire et ils font ce qu'ils peuvent en fonction de leurs disponibilités", explique-t-elle.

A l'étranger, la situation est un peu différente. En Allemagne une délégation d'architectes de l'urgence s'est créée. En Roumanie, suite à une tornade, l'association fut directement contactée par le gouvernement roumain tandis que c'est par l'intermédiaire de l'ambassade de la République Tchèque en France que l'association a pu intervenir dans la ville de Decin. Dans ces deux derniers pays, des programmes d'intervention ont donc été élaborés.

Les missions de l'association, eu égard à la succession de catastrophes (Inondations de la Somme, du Pas-de-Calais, explosion de Toulouse et coulée de boue en Algérie en 2001, guerre en Afghanistan, inondations d'Europe centrale puis catastrophe du Gard en 2002 - "nous n'avons aucun répit") se sont diversifiées et étendues. Il s'agit désormais, dans l'ordre, de repérage et reconnaissance, d'interventions de terrain d'urgence (mise en sécurité), de mission d'évaluation et de suivi, enfin de l'identification des causes et solutions possibles. C'est bien le signe que les architectes de l'urgence répondent à un besoin qui n'était pas pris en compte.

Au-delà de l'aspect technique, ces volontaires architectes ont vite réalisé qu'ils avaient un autre impact, aussi important peut-être pour les sinistrés. "Notre présence assure un rôle psychologique très important, c'est un aspect sécurisant de voir quelqu'un s'occuper de son sinistre", explique Moreira. De fait, dans la Somme par exemple, les sinistrés, souvent de condition modeste, n'avaient jamais vu un architecte de leur vie et furent touchés d'une telle sollicitude. Accessoirement, ces actions permettent aussi de redorer le blason des architectes auprès du grand public et de casser un peu cette image d'arrogance parfois ressentie par les gens. Ce qui ne peut pas faire de mal à la profession.

Reste qu'après s'être discrètement rendu incontournables sur le terrain, les architectes de l'urgence doivent désormais gérer le succès. "On souhaite pouvoir pérenniser notre action, nous avons donc besoin de développer notre financement", souffle Moreira. Ce financement provient actuellement de subvensions de la DAPA, du ministère de l'équipement et des villes et régions où l'association intervient qui veulent bien la subventionner a posteriori, ce qui fut le cas par exemple de la ville de Toulouse. Quand elle obtient ces financements, ce qu'elle ne sait jamais à l'avance les catastrophes naturelles étant par définition imprévisibles, dans la mesure du possible l'association rétribue les architectes au forfait. "Mais au moment où ils interviennent, les architectes sont bénévoles et volontaires. L'intervention est gratuite pour le sinistré mais nous établissons toujours un budget prévisionnel afin de ne pas déprécier le travail de la profession mais d'apporter au contraire savoir-faire et compétence", conclut Moreira.

Aujourd'hui l'association compte plus de 200 architectes (cotisations de 76 euros). Les dons et les adhésions sont les bienvenus.
Architectes de l'urgence: 03 22 80 00 60
info@archi-urgent.com

Ils y étaient :

Printemps 2001 : Inondations de la Somme, l'élément déclencheur
Explosion de l'usine AZF à Toulouse
Novembre 2001: Coulée de boue de Bab El-Oued, Algérie
Mars 2002, inondations de Blendecques, Pas-de-Calais
Fin Mars 2002 - Afghanistan
Août 2002 - Europe centrale
Septembre 2002 - Inondations du Gard

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