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Alvar Aalto, Paris avant le Japon

©Alvar Aalto Museum : Copyright 2019

 

Après « Globes » et « Tous à la plage ! », la Cité de l’architecture et du patrimoine renoue avec les expositions sur les architectes. Outre Georges-Henri Pingusson, l’institution de la place du Trocadéro présente l’œuvre d’Alvar Aalto.

 
 
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Conçue par le Vitra Design Museum, en collaboration avec la Fondation Alvar Aalto, l’exposition est passée par l’Espagne (Madrid et Barcelone), le Danemark (Aalborg) et la Finlande (Helsinki), avant de faire escale à Paris. Cela faisait trente ans que la France n’avait pas accueilli de rétrospective sur l’architecte disparu en 1976.

L’adaptation parisienne de l’exposition, réalisée par Stéphanie Quantin-Biancalani, conservateur à la Cité de l’architecture et du patrimoine, est allégée de quelques dessins et photographies, mais enrichie d’œuvres d’art de contemporains et amis d’Alvar Aalto (Jean Arp, Fernand Léger, etc.). La scénographie met l’accent sur ses deux projets réalisés en France : le pavillon finlandais de l’Exposition universelle de 1937 et la maison imaginée dans les Yvelines pour le galeriste Louis Carré.

 

Art, design...

 

Eu égard à l’activité commerciale de Vitra, le mobilier dessiné par l’architecte figure en bonne place dans la présentation monographique qui suit un ordre chronologique. Mais, rien d’incongru en cela : « Alvar Aalto avait une approche complète de l’architecture. Beaucoup de ses bâtiments étaient des œuvres d’art totales », analyse Stéphanie Quantin-Biancalani, en prenant pour exemples la villa Mairea (1939) et le sanatorium de Paimio (1933), deux projets pour lesquels il a dessiné tous les meubles, les luminaires et certains équipements sanitaires, dont les fameux lavabos où l’eau s’écoule en silence.

De fait, le concepteur finlandais, précurseur dans l’emploi du lamellé-collé et du contreplaqué, s’était même lancé en 1935 dans la production en série de mobilier, en fondant sa propre société de fabrication et de diffusion, Artek (aujourd’hui propriété de Vitra), en compagnie de sa femme (Aino Aalto) et de deux autres associés (Nils-Gustav Hahl et Mayor Gullichsen). Cette entreprise basée à Helsinki était dotée d’une galerie d’art qui a notamment montré les travaux de Calder, Picasso et Le Corbusier. Textile, verre, brique, bois, métal, pierre : Alvar Aalto s’est intéressé à la plupart des matériaux. « Pour lui, la matière comptait autant que la forme », souligne Stéphanie Quantin-Biancalani. Et l’aventure créative allait de la poignée de porte aux aménagements paysagers. Parmi les objets de design exposés à la Cité de l’architecture, l’illustre vase Savoy est particulièrement mis en valeur. Il est présenté en deux exemplaires (versions de 1936 et de 1937), accompagnés d’une vidéo et du moule original en bois dans lequel le verre était soufflé.

 

...Nature et architecture

 

Dépassant le simple constat de l’organicité des formes d’Aalto, l’exposition met également en exergue une architecture qui capitalise les apports du mouvement moderne, mais hérite d’influences locales. « La Finlande est un pays sauvage, un pays de lacs, constitué de 60% de forêts, rappelle Stéphanie Quantin-Biancalani. Chez Aalto, la nature et les paysages étaient des sources évidentes d’inspiration. L’idée d’une forêt intérieure et extérieure traverse toute son œuvre. » Un concept qui prendrait naissance à Noormarkku, où l’architecte a fait rentrer la forêt de pins dans la villa Mairea, en parant l’escalier de minces poteaux de bois, raides comme des troncs d’arbre.

Courbe et ondulation sont sans doute les premiers mots qui viennent à l’esprit pour caractériser l’architecture d’Aalto, où le bois tient une place prépondérante. Dans la bibliothèque municipale de Vyborg (1935), les vagues en bois des plafonds acoustique font écho au jardin. Dans la maison Louis Carré (1963), elles unissent le séjour à l’entrée, dans le prolongement du terrain en pente. Les essences utilisées pour le mobilier, les menuiseries et les habillages, y sont extrêmement variées (chêne, bouleau, frêne, hêtre, teck), mais les espaces précis et mesurés n’en demeurent pas moins plus méditatifs que démonstratifs. Pas étonnant que les Japonais apprécient particulièrement le travail du Finlandais. Le pays du Soleil-Levant sera d’ailleurs la prochaine étape de l’exposition…

 

Tristan Cuisinier

  

Infos pratiques :

« Alvar Aalto, architecte & designer », exposition jusqu’au 1er juillet 2018, à la Cité de l’architecture et du patrimoine, 1 place du Trocadéro, à Paris 16e. Ouvert tous les jours de 11h à 19h (nocturne le jeudi jusqu’à 21h), sauf le mardi, 9€ (TR : 6€). 

Maison Louis Carré (Alvar Aalto, 1961), 2 chemin du Saint-Sacrement, 78490 Bazoches-sur-Guyonne, visites de mars à novembre, de 14h à 18h. 15€ (TR : 5€). Gratuit pour les moins de 12 ans. Navettes au départ de la place du Trocadéro durant la durée de l’exposition (7 avril, 19 mai et 16 juin, à 15h).

Également à la Cité de l’architecture et du patrimoine, jusqu’au 2 juillet 2018 : « Georges-Henri Pingusson (1894-1978), une voix singulière du mouvement moderne ». Exposition ouverte tous les jours de 11h à 19h (nocturne le jeudi jusqu’à 21h), sauf le mardi. Accès compris dans le billet d’entrée du musée.

Alvar Aalto dans son jardin
Suspension A 331, 'Beehive'
Pavillon finlandais, Expo universelle 1939
Armin Linke, bibliothèque de Viipuri
Armin Linke, bibliothèque de Viipuri
Villa Mairea
Sanatorium pour tuberculeux
Sanatorium pour tuberculeux
Armin Linke, Maison Louis Carré
Maison Louis Carré, suspension
Maison Louis Carré, poignée de porte
Maison Louis Carré
Affiche de l'exposition
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