• Accueil
  •  > 
  • A Nyons (26), l'aménagement contemporain d'une place lui rend son cachet médiéval
Rejoignez Cyberarchi : 

A Nyons (26), l'aménagement contemporain d'une place lui rend son cachet médiéval

© Cyberarchi 2020

L'agence Paysages d'Avignon (Sébastien Giorgis et Didier Respaud-Bouny) est parvenue, dans cette petite commune de 7.000 habitants, à rendre à un parking, en toute modestie mais avec élégance, sa fonction première de place centrale et conviviale tout en délivrant un hommage appuyé à l'architecture du lieu.

 
 
A+
 
a-
 

La place des Arcades a été édifiée au XIVe siècle, dans le cadre d'une extension du bourg perché sous forme de "ville-neuve" au plan régulier, dans lequel s'insère le quadrilatère de ce qu'on appelait Les Halles. Elle accueille depuis lors un marché local actif, qui s'étale bien au-delà de la place et remonte d'ailleurs loin dans le temps, à l'époque gallo-romaine du Novio-Magus, le "nouveau marché".

Hormis quelques modifications, comme la porte moderne taillée dans le bâti, la place a conservé la composition originelle qui lui donne son caractère : un plan irrégulier, au contact des tissus urbains ancien et nouveau, une élévation bâtie rythmée par un parcellaire étroit et déterminé par des ouvertures d'arcade inégales, le jeu subtil des fenêtres et des gris colorés des enduits. Dans un angle du quadrilatère (qui compte en réalité cinq côtés !), on voit encore la porte fortifiée d'origine, avec sa herse. Sous les couverts, la place cache ses plus beaux trésors d'architecture : des portes sculptées dans les noyers des Baronnies.

La réalisation

Didier Respaud-Bouny (architecte urbaniste Agence Paysages) insiste pour rendre hommage à tous ceux qui ont participé au projet (voir ci-dessous) et plus précisément au maître d'ouvrage qui "savait ce qu'il voulait et comment le faire, notamment vis-à-vis des riverains". En effet, s'il s'agissait de "rendre son lustre à un élément important du centre historique et de lui conférer une nouvelle fonction d'agrément", une intention qui ne froisse personne, il s'agissait aussi et surtout de reconquérir pour les piétons ce qui était devenu au fil du temps une place "bouffée par les bagnoles", soit un parking. Et l'architecte a su que le pari avait été gagné quand, dès le jour de l'inauguration, les enfants se sont réappropriés le lieu comme espace de jeu. "Les habitants en furent frappés, ce fut pour nous notre premier trophée", dit-il en riant.

Deux éléments ont permis cette évolution. Le premier est une concertation avec les riverains et l'association des commerçants, qui a débuté dès la phase du concours, particulièrement bien menée. Non seulement les concepteurs de l'aménagement les ont perçus comme "une bonne source d'information" - même si au final le jury a su ne pas céder à 10.000 demandes - mais, de plus, l'association des commerçants était, en tant que telle, destinataire des comptes-rendus de chantier. Une implication qui a permis au maire de mettre en place une gestion souple - c'est le second élément - du stationnement sur une place "piétonne". En effet, s'il n'y a plus de 'rue' mais une 'voie', il reste possible de se garer sur la place et donc d'accéder aux commerces, soit pour les avitailler, soit pour y faire ses courses, mais dans la limite d'une heure, ce dont se porte garant un horodateur gratuit. L'espace ainsi libéré, l'aménagement proprement dit pouvait être imaginé.

"Notre principe était d'écrire le moins possible des usages - pas de bordures ou autres par exemple - pour que la place puisse évoluer au fil du temps sans refaire l'aménagement", explique Didier Respaud-Bouny. Ainsi, à partir d'un simple emmarchement qui souligne la topographie et de quelques bornes amovibles, la place désormais polyvalente se transforme aisément en espace ouvert ou en place de marché, en salle de bal à ciel ouvert ou en plazza intime et conviviale les soirs d'été, voire, si le besoin s'en fait sentir à l'occasion, en... parking.

En conséquence, nuls bordures ou marquages pour souligner les différentes fonctions ne s'imposaient plus. Au contraire une "grande unité formelle de traitement de sol" - un dallage de pierre sur une trame parallèle aux arcades, "affirmation de la prédominance de l'architecture de la place dans son identité et sa qualité" - rend toute sa dimension et son unité à la place.

La conception lumière participe de cette redéfinition de l'usage. "L'ambiance nocturne a été particulièrement travaillée, sachant qu'il est toujours difficile, en ville, d'offrir l'intensité lumineuse demandée par les habitants, sans polluer la beauté du ciel nocturne étoilé et sans rompre la poésie de l'alternance pénombre/lumière", expliquent les lauréats. Ainsi la lumière est abondante mais contenue sous les arcades et discrète et douce sur la place, destinée alors à mettre en valeur les éléments significatifs (les bancs sous les arbres, les lucioles sur les piliers, etc.) sans inonder ni aveugler.

A noter enfin un mobilier urbain original d'une "rusticité raffinée" (bancs de pierre carrés, corbeilles en métal...) et la présence sans ostentation de l'eau et des arbres."Ce résultat est celui d'un long cheminement, le nôtre et celui des élus", conclut Didier Respaud-Bouny.

Consulter l'album-photo des Trophées de l'aménagement urbain 2006 en cliquant ici.

Fiche technique :

Maire : Pierre Combes
Maître d'ouvrage : Commune
Maître d'oeuvre : Agence Paysage mandataire (Avignon)
Budget : 1.034.456 € HT (Etat Département, Région, Ville)

Equipe de maîtrise d'oeuvre

Agence Paysages, Avignon (mandataire) : Sébastien GIORGIS, Architecte Paysagiste, et Didier RESPAUD-BOUNY, Architecte Urbaniste
Agence de paysage, Saint-Laurent-du-Pape : Patrice PIERRON, Paysagiste et Sophie TERRIERE, Architecte
COBALT, concepteur lumière, Lyon : Pierre-Philippe GARDE, concepteur
Cabinet Merlin, Carpentras : Florian BATTIN et Francky AUGER, Réseaux secs et humides

A Nyons (26), l'aménagement contemporain d'une place lui rend son cachet médiéval
A Nyons (26), l'aménagement contemporain d'une place lui rend son cachet médiéval
A Nyons (26), l'aménagement contemporain d'une place lui rend son cachet médiéval
A Nyons (26), l'aménagement contemporain d'une place lui rend son cachet médiéval
A Nyons (26), l'aménagement contemporain d'une place lui rend son cachet médiéval
A Nyons (26), l'aménagement contemporain d'une place lui rend son cachet médiéval
A Nyons (26), l'aménagement contemporain d'une place lui rend son cachet médiéval
Mot clefs
Catégories
Article précédent  
Article suivant  
< Une  

Recevez la newsletter

CYBER