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A l'avenir, la tour sera torsadée. La preuve par Chicago ?

© Cyberarchi 2019

Donc Chicago aura bientôt sa tour torsadée, de 601 mètres, la plus haute des Etats-Unis. Si l'on en juge par l'influence qu'eue la Sears Tower, il est permis désormais d'escompter plein de tours torsadées, plus ou moins grandes, plus ou moins réussies, dans Chicago même et partout ailleurs. Mode ? Tendance ? Ou révolution durable ? Explications.

 
 
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Il est significatif qu'Evanston, en proche banlieue de Chicago, ait annoncé fin 2006 la construction d'une tour de plus de 200 mètres en son centre-ville. Elle n'est pas torsadée. Mais si une banlieue, aisée certes mais suffisamment urbaine, peut et veut désormais s'offrir sa tour, combien de villes voudront demain leur propre 'spire' ? "Il y a plus d'une dizaine de dimensions de mèches à perceuse", sifflent les mauvaises langues que la tour de Calatrava n'emballe pas.

Peut-on parler de mode ? Sans doute. En 2005, alors même que Calatrava - qui avait donné le ton avec son 'turning torso' en Suède, réalisation bâtie à partir du modèle de l'une de ses sculptures - était loin d'avoir finalisé sa Spire de Chicago, l'architecte français Hervé Tordjman, présentait ses tours jumelles de Guangzhou lors d'un concours de haute volée qui eut un retentissement mondial. Le débat fut d'ailleurs âpre entre passionnés d'architecture pour déterminer qui avait copié l'autre. Tordjman expliquait avoir trouvé l'inspiration après être parvenu à extraire "la racine torsadée de l'ADN, source de vie et de la gémellité", ce passionné de musique notant par ailleurs que si l'on étire et incline à 90° cette torsade, "la sinuosité obtenue correspond au symbole musical universel de l'harmonique".

Là où Tordjman voyait des femmes-tours sensuelles, Calatrava a expliqué pour sa part son inspiration en faisant référence au feu des indiens. "Je sais que Chicago est un nom indien et je peux imaginer ces indiens, en des temps anciens, arriver au bord du lac, faire un feu, avec une colonne de fumée s'élevant dans le ciel en volutes", expliquait-il. Bof, mais pourquoi pas.

La question de qui fut le premier n'a pas de sens, ou alors il faudrait citer la Tour sans fin de Jean Nouvel. En revanche l'influence de l'un et de l'autre se retrouve aujourd'hui clairement dans des projets bien réels. Ainsi en est-il du projet de Ma Yansong, un jeune architecte chinois de 31 ans, basé à Beijing mais formé en partie aux Etats-Unis à Yale, et qui a remporté en 2006 un projet d'immeubles à Toronto avec deux tours surnommées les "immeubles Marilyn Monroe", "ses formes en spirale évoquant celles de l'actrice dans une robe moulante", pour citer l'AFP. Si elles sont moins hautes, difficiles ne n'y pas reconnaître l'impact des tours de Hervé Tordjman.

Idem, en ce qui concerne Calatravaa cette fois, du projet de tour géante à Buenos Aires, en Argentine. En effet, selon une dépêche, un consortium privé projette de construire sur une île artificielle au large de la capitale argentine "le plus haut gratte-ciel du monde" (1000 mètres), un projet signé par un architecte argentin, Julio Torcello. Projet qui, hors dimensions, ressemble fort à la première mouture de la Spire de Calatrava conçue pour Chicago et présentée fin 2005.

Complètement fou ou visionnaire, toujours est-il qu'il est parvenu à convaincre des investisseurs pour une telle tour, un hôtel de 68 étages, à Dubaï (où, a-t-on appris début janvier 2007, une tour de bureaux de 35 étages et 140 mètres en forme d'un habitant du Golfe habillé en dishdasha, l'habit traditionnel de la région, va être construite d'ici 2009) et qu'il fait le tour de la planète - il était début mai à Chicago justement - pour vendre son concept (lequel va de pair avec un système de turbines entre chaque étage qui permet de produire de l'électricité pour baisser les coûts de maintenance du building). Le fait est que la technologie de base existe : qui n'a pas encore dîné ou déjeuné dans un restaurant tournant en haut d'une tour à Shanghai, à Toronto ou ailleurs ? Que cette technologie, pas exactement nouvelle, soit améliorée pour être appliquée à chaque étage d'un immeuble n'est pas une idée complètement farfelue.

Même la forme étonnante de ces immeubles n'est plus une simple construction de l'esprit ou de l'ordinateur. En effet, Zaha Hadid va bientôt offrir une "tour sandwich" à Barcelone destinée à marquer l'entrée du futur campus del Besos. "Les onze étages de cette tour de 48 mètres s'empileront - légèrement décalés les uns aux autres - comme un sandwich ou une pile de livres", expliquait Zaha Hadid à l'AFP en juin 2006. Baptisé Spiralling Tower, le bâtiment de 27.000 m² accueillera à la fois des locaux universitaires et des locaux d'entreprises de recherche notamment. Les travaux, dont le montant est estimé à 28 millions d'euros, devraient être achevés fin 2008.

Bref, qu'elle soit hélicoïdale, en spirale ou torsadée... il va falloir se faire à ces tours d'un troisième type. Qui se souvient que Mies van der Rohe disait que "l'architecture n'est pas pour les enfants, jeunes ou vieux"?

Christophe Leray

A l'avenir, la tour sera torsadée. La preuve par Chicago ?
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