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La durabilité comme questions d’architecture

Jérôme Thibault (ENSA Nancy), loin de l'engouement paresseux pour le développement durable, a tenté pour son TPFE, "à la lumière d'une démarche de projet dont l'aboutissement est un recueil de réflexions philosophiques et de questions d'architecture" de mettre de côté les solutions "unilatéralement techniques". Découverte d'un 'processus inachevé'.

publié le 30/10/2007  

Lire également notre article 'L’erreur, un concept durable ? Un TPFE interroge l'idée 'fantasmée' de durabilité'.


Avant de plonger dans une activité de projet portant le risque d'aboutir à un résultat décontextualisé, il a été mis en œuvre le principe de 'reading' [1] décrit par Giancarlo De Carlo comme un processus conjoint de lecture et de conception permettant de comprendre et de laisser le site parler. Il m'est apparu un premier niveau de lecture important qu'est celui du territoire et du site.
[1] MCKEAN John, Catalogue 'Giancarlo De Carlo : Des lieux, des hommes', Editions du Centre Pompidou, Paris, 2004.
Enclencher un procédé de lecture active en amont
S'intéresser à la 'polyrythmique' [2] de notre monde, un concept issu des tensions entre contraintes complémentaires simultanées. La polyrythmie résultant des perceptions proches et lointaines simultanées s'associe par exemple aux cycles irréguliers de la nature, les crues, les orages, les canicules, etc.
Le caractère 'polyrythmique' de nos existences démontre que nous sommes sans cesse tendus entre deux (ni dedans ni dehors, ni le jour ni la nuit, ni éveillé ni endormi, etc.), donnant ainsi à faire l'épreuve d'expériences spatio-temporelles riches.
[2] YOUNES Chris, 'Habiter l'architecture : Entre transformation et création', Massin Editeur, Paris, 2003.
Influences réciproques entre ville et nature : vers une osmose ?
Penser le projet au-delà de ses propres limites explicites.
Vue aérienne du projet
Des espaces créés globalement ne peuvent se revendiquer comme identitaires dès lors qu'ils ont perdu leurs repères territoriaux ou leurs valeurs d'usage.
Le projet prend la mesure du constat de Marc Augé [3] et oppose la figure du carrefour (qui permet les croisements) à celle de l'échangeur (interdisant toute rencontre).
Entre autoroutes, ronds-points et échangeurs, peu de relations peuvent se nouer quotidiennement. Il paraît donc indispensable de penser les itinéraires nouveaux sur de nouvelles bases : celles des rencontres et des croisements.
[3] AUGE Marc, 'Non-lieux : Introduction à une anthropologie de la surmodernité', Editions du seuil, Avril 1992.
La ville doit-elle participer à la fluidité circulatoire ?
La délocalisation de l'habitat dans les périphéries n'est devenue possible que lorsque la mobilité a été rendue possible par le biais de l'automobile et par la place que nous lui avons faite partout (élargissement des rues, démultiplication des surfaces de stationnement, etc.).
Revitaliser les berges par les cheminements piétons et les modes de déplacement doux
Le premier aspect de la réflexion impose de comprendre que 'rien n'existe en soi' mais que 'tout existe en relations' [4].
Composer un système instable dont le contexte est l'instigateur de cette instabilité et du changement.
[4] YOUNES Chris, Habiter l'architecture : Entre transformation et création, Massin Editeur, Paris, 2003.
Entrer dans des influences réciproques : ni limites franches, ni mitages destructeurs

La dislocation, la dilution de l'espace public ou commun

L'hybridité, un principe dynamique
Le renouvellement des promenades et de certains parcours est assuré par les crues et les décrues de la Saône qui les couvrent et les découvrent selon les saisons et les rythmes instaurés par les mouvements de l'eau.
Mise en évidence de l'inondabilité comme rythme naturel
Assembler des formes d'habitat différentes à l'échelle du quartier pour satisfaire différentes pratiques habitantes : adjoindre des services associés à ces logements, permettre une interface entre logement et lieu de travail [7].
[7] EUROPAN 7, Challenge suburbain : Intensités et diversités résidentielles, Résultats de la session française, Europan France, CD Rom, 2005.
Sortir de la "monofonctionnalité"
La problématique de l'habitat individuel dense a été éclairée sous l'angle de l'évolutivité. Le projet propose ainsi un système constructif simple, posé sur un réseau de longrines en béton interrompu çà et là par des andronnes techniques ou des passages publics. La présence des grues existantes rend possible la mutation de cette bande d'habitat individuel.
Les logements individuels denses
Un principe constructif simple.
Les logements individuels denses
Coupe transversale : Une mise en chantier perpétuelle grâce aux grues existantes. Une recherche de flexibilité et de densité positivement ressentie.
Les logements individuels denses
Le premier type d'habitat intermédiaire : 'Le long de' accompagnant les transversalités.
Les logements intermédiaires générateurs
 

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