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La maison Gaïta, ventilée à blocTirant son nom d’un système de ventilation novateur permettant de réduire sa consommation électrique globale, la maison Gaïta, 280m², vient d’être livrée par l’architecte Pascal Gontier sur l’île Saint-Germain (92). Véritable éco-prototype bardé de bois noir, cette maison de ville préfigure la maison individuelle du futur. Présentation.publié le 20/05/2010Revêtue d’un bois noir jais, la façade nord de la maison Gaïta, qui se déploie le long de l’avenue du Bas-Meudon à Issy-les-Moulineaux, interpelle tout en cachant ce qui fonde sa particularité. Avec des prévisions d’à peine 38kWep/m²/an en matière de consommation énergétique, Gaita fait aussi partie de la première génération des maisons à énergie positive (BEPOS) dont la généralisation n’est pourtant pas prévue avant l’horizon 2020. Autrement dit, tout en étant passive, Gaïta produit davantage d’énergie qu’elle n’en consomme. Une première qui vaut le détour ; les journalistes sont donc plus nombreux qu’à l’accoutumée à s’être déplacés pour découvrir cette maison pas tout à fait comme les autres. Une maison 'manifeste'
publicité En avance sur son temps, Gaïta est le fruit d’une réflexion menée par Pascal Gontier sur la notion et les enjeux du développement durable, hors des sentiers battus. "C’est un petit compte que je règle avec la réglementation thermique qui recommande notamment 17% de surface vitrée, ce qui est bien trop faible". Gaïta est donc composée à plus de 30% de surface vitrée. Par ailleurs, l’énergie produite par les panneaux photovoltaïques - brise-soleil installés le long la façade sud - n’est pas stockée. "Nous n’alimentons pas directement la maison mais revendons l’énergie récupérée à EDF", explique l’architecte. Ce dernier dit en effet "détester" l’idée d’une maison autonome en ville. "Cela signifierait qu’elle n’est pas urbaine", dit-il. Pour parvenir à faire de Gaïta une maison 'manifeste', Pascal Gontier s’est davantage appuyé sur les procédés constructifs et architecturaux que sur les équipements techniques. Néanmoins, il précise avoir acheté "l’électroménager le plus économe lorsque c’était possible de façon à optimiser les consommations électriques" et de permettre à Gaïta d’atteindre ses objectifs énergétiques. Système de ventilation novateur, installation géothermique atypique "Sur le toit, il n’y a que 17m² de sheds photovoltaïques car je tenais à végétaliser la toiture ainsi qu’à installer une cheminée de ventilation naturelle en plus de la cheminée d’agrément", précise Pascal Gontier en poursuivant la visite. La ventilation : là réside le principal secret de Gaïta, qui doit son nom "à un système qui marche comme un instrument à vent, à l’image de la cornemuse espagnole". Fruit de deux ans de travail mené avec le bureau d’étude Transolar, le système de ventilation conçu par Pascal Gontier permet de récupérer l’énergie sur l’air extrait grâce à un circuit d’eau, "ce qui fait considérablement baisser le bilan énergétique global". Composé d’une entrée d’air et de deux échangeurs eau-air situés en partie basse de la maison, d’un conduit débouchant sur un caisson qui répartit l’air dans les pièces de la maison et de la cheminée d’extraction installée sur le toit, le dispositif est "un véritable procédé architectural". "L’expérience de la ventilation est intéressante car elle permet d’avoir une approche non visuelle de la maison", souligne Pascal Gontier. Outre ce système novateur, Gaïta est dotée d’une installation géothermique atypique. Située en zone inondable, "comme toutes les habitations de l’île Saint-Germain", la maison est haut perchée. "Le premier plancher est installé à deux mètres du sol", précise Pascal Gontier. Lequel a souhaité "profiter de cette contrainte" : les fondations de Gaïta sont composées de neuf pieux énergétiques. "Huit pieux sont branchés sur des pompes à chaleur et le neuvième est un puits canadien hydraulique branché sur la maison", précise l’architecte en présentant l’installation aux journalistes. Tentaculaire, le dispositif est effectivement impressionnant… sans être révolutionnaire. "Il existe ailleurs qu’en France", souligne Pascal Gontier. Jusqu’au boutiste ? Entre autres astuces écolo, Gaïta est dotée d’un système de récupération d’eau de pluie servant notamment à arroser des bacs disposés le long d’une structure de trois mètres de haut située à l’est de la maison et qui doit son existence... à une contrainte urbaine. "Nous avons créé un passage sur le côté de la maison pour respecter l’alignement", explique Pascal Gontier. A l’instar des pieux énergétiques, la contrainte est devenue atout : le passage est surplombé de bacs en porte-à-faux qui composeront "un mur végétal qui servira de pare-vue et offrira un agréable contrepoint à l’aspect noir de Gaïta". Au bout du passage transparaît, derrière un grillage, le jardin de l’habitation. "Ma femme souhaitait un jardin sur rue mais ça n’était pas envisageable au vu de l’alignement", raconte l’architecte. C’est donc au sud que se déploie un espace de 21m² encore en friche à l’exception d’un effeuillé qui a permis à Pascal Gontier d’acquérir le site où s’érige aujourd’hui Gaïta. "Nous étions plusieurs à vouloir acheter le terrain mais quand j’ai assuré au propriétaire vouloir conserver l’arbre, j’ai marqué un point", raconte-t-il. Sentimental mais, surtout, pragmatique, Pascal Gontier justifie avec précision le moindre de ses choix. Dont celui d’avoir construit et importé d’Autriche les pièces préfabriquées "à hauteur d’étage" composant le bardage en pin et l’ossature bois de Gaïta. "Les murs, qui comprenaient les fenêtres et l’isolation, ont été fabriqués en six semaines, acheminés par camion et montés en moins d’une semaine". Une fabrication qui "n’a pas entraîné de surcoût" mais quid du bilan écologique ? "Certes, le bilan est moins bon que si le bois venait de Boulogne mais pour ce type de réalisation, une entreprise française aurait de toute façon utilisé du bois en provenance de province, voire de l’étranger", estime Pascal Gontier. Par ailleurs, en faisant assembler en Autriche et en usine, l’architecte précise qu'"au moins il n’y a pas de chutes sur le chantier". C’est en Autriche que les pièces préfabriquées de la façade nord ont été recouvertes d’une peinture pailletée noire. "Au départ, la maison devait être couleur bois", précise l’architecte. A l’occasion d’un deuxième permis de construire, la famille Gontier porte son choix sur le noir. "Quand j’ai rencontré ma femme, nous nous sommes rendu à une exposition de Soulages". Ceci expliquant cela ? En tout cas, "jamais un client n’aurait accepté cette couleur. Concevoir sa maison représente pour un architecte l’occasion d’aller jusqu’au bout de ses idées", souligne Pascal Gontier. Lequel n’a visiblement pas manqué d’aller au bout des siennes pour un surcoût global d’"a priori 10%" lié essentiellement aux pieux et à l’installation photovoltaïque. "J’en ai peut-être trop fait mais je voulais montrer qu’il est possible de baisser de façon drastique le bilan énergétique tout en offrant un confort maximal en associant étroitement technique et architecture", souligne l’architecte à l’issue de la visite. Emmanuelle Borne Consulter également notre album-photos 'La maison Gaïta, à l’avant-garde écologique'. Fiche technique Programme : maison de ville passive à énergie positive |
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