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Trophée Archizinc : des ouvrages originaux récompensésLa 5ème édition du TROPHÉE ARCHIZINC de VMZINC, lancée en septembre dernier, a dévoilé, lundi 18 juin à la Terrass Kardinal à Paris, les dix réalisations primées. Récompensant des architectes internationaux qui valorisent les solutions de la marque à travers des ouvrages originaux, ce concours bisannuel a distingué six projets.publié le 18/06/2012La cérémonie de remise des trophées s’est déroulée en présence des lauréats, de l’ensemble des membres du Jury, composé d’experts dans le domaine de l’architecture et présidé par NICOLA LEONARDI, Rédacteur en chef de THE PLAN, ainsi que des représentants du groupe UMICORE. Instant de partage et d’union, la manifestation a confirmé une nouvelle fois son Preuve manifeste de l’engouement des architectes, pour cette 5ème édition, 118 dossiers provenant de 19 pays, ont été soumis à l’avis du Jury. La diversité des pays, des typologies de bâtiments et des styles architecturaux, confirme une fois de plus, la place du zinc dans l’architecture contemporaine. Naturel, recyclable et nécessitant peu d’entretien, ce matériau noble à la texture unique, constitue une solution pérenne et environnementale. Il présente d’excellentes propriétés mécaniques qui lui permettent d’affronter toutes les situations climatiques. Multiplicité d’usage et diversité, les systèmes VMZINC répondent aux tendances architecturales et aux enjeux techniques de son époque. Symbole de leur créativité, chaque gagnant s’est vu remettre un TROPHÉE ARCHIZINC, véritable objet d’art en zinc. Leur oeuvre sera également publiée en octobre prochain, dans le hors-série de FOCUS ON ZINC. Édité à 65 000 exemplaires et diffusé dans plus de dix pays, cet ouvrage offre aux lauréats l’opportunité de faire connaître leur réalisation à travers le monde. HABITAT INDIVIDUEL ❑ Mention LE YIN ET LE YANG Ayant réalisé plusieurs rénovations au cours de leur parcours, les propriétaires de l’ANSLEY GLASS HOUSE étaient au fait de la capacité de l’architecture à transformer une structure existante. Construite sur un site exceptionnel, dans le «Piedmont Park» d’Atlanta, un quartier résidentiel dessiné par FREDERICK LAW OLMSTED*, l’extension de cette maison centenaire, fut pour eux l’occasion d’aller plus loin dans l’expérimentation spatiale. Si le point de départ du projet ne concernait que des sujets mineurs - rendre la cuisine plus lumineuse et rajouter un second escalier à l’arrière de la maison - il apparut rapidement à BRIAN BELL, architecte associé de l’agence BLDGS, que les modifications pouvaient avoir des ambitions La maison d’origine avait été agrandie à plusieurs reprises. Sa façade arrière était encombrée d’une succession d’interventions sans grande cohérence ni grande qualité. L’architecte a joué sur le contraste, juxtaposant deux écritures architecturales. L’extension est une véritable maison de verre ouverte largement sur l’extérieur, alors que l’existant, avec ses parois en bardeaux de bois, reste plus opaque. Les dissonances ne sont qu’apparentes : les panneaux de zinc répondent de manière contemporaine aux bardeaux de bois. La teinte anthracite du métal s’accorde à celle des baies vitrées, si bien qu’en journée, l’extension prend l’allure d’un monolithe sombre. De nuit, l’illumination L'ajout d'une extension a permis la prolongation d'une maison traditionnelle dans un espace contemporain. La partie neuve articule une série de planchers décalés - à la manière du Raumplan théorisé par l'architecte viennois ADOLF LOOS - s'enroulant autour d'un escalier en métal, un ouvrage dessiné avec un soin particulier par les architectes. Il dessert les chambres et conduit vers le dernier niveau, où l'on découvre un panorama sur le centre ville. Un observatoire rural vers le paysage urbain, pensé pour être durable. Les architectes espèrent que grâce à sa peau de zinc, qui nécessite peu d'entretien et résiste à la corrosion, la nouvelle maison prolongera d'un siècle la vie d'une habitation déjà centenaire. * Cette figure majeure du paysagisme a dessiné de nombreux parcs aux États-Unis durant le XIXème siècle,
UN LIEN ENTRE DEUX MONDES C'est sur une lanière de terrain de 300 m² de surface qu'a été implantée cette maison, conçue par un jeune architecte pour un couple d'amis. Nous sommes dans les alentours de Nantes, sur ces territoires du monde rural qui se peuplent progressivement de citadins cherchant la verdure tout en profitant de la proximité du coeur des métropoles. La maison fait un pont entre deux univers : l'ancien bourg agricole et un quartier pavillonnaire plus récent. Sa volumétrie est calquée sur celle des longères : elle se résume à un corps de bâtiment très étiré, surmonté d'un toit simple à deux pentes. L'organisation de l'habitation suit une sorte de principe de «marche en avant» due à l'allongement de la parcelle, qui mesure 12 mètres de large pour 32 mètres de long. La séquence commence par le garage, sas d'entrée de la maison et se poursuit dans le salon. Toute la structure de la villa est en ossature bois. Les bâtiments agricoles implantés sur la commune présentaient des toitures et parfois même des façades, en ardoise ou en métal. Ces matériaux sont réinterprétés sur l’enveloppe de la maison, qui est revêtue d’une peau de zinc anthracite courant du faitage jusqu’au pied du mur d’entrée. Les critères de durabilité, d’aspect mat - la teinte sombre qui rappelle l’ardoise - et de malléabilité ont conduit au choix du zinc. Ce revêtement a été posé sous forme de bandes de deux largeurs différentes, disposées de façon aléatoire. Les joints debout introduisent ainsi une troisième dimension dans ce jeu de variations. L'étroitesse du terrain privait la maison d'espaces extérieurs réellement praticables. Lieux de respirations indispensables, des terrasses et des patios ont été imaginés, suivant une logique qui doit beaucoup à l'architecture des maisons individuelles japonaises. Glissant entre les mezzanines intérieures, le regard trouve alors son chemin vers le ciel et le monde. L'emploi exclusif de deux matériaux, noir intense et blanc pur, exacerbe le contraste entre intérieur et extérieur. La façade du garage et le patio semblent taillés dans une matière solide enrobée d'une pellicule sombre. La souplesse du zinc a facilité le traitement des points particuliers pour traduire ces intentions d'abstraction désirées par l'architecte. L'épaisseur de la couvertine de la terrasse, par exemple, dessinée avec attention, a été réduite à quelques millimètres. Soigné dans ces détails et toutes ses coutures, le «pavillon noir» est un objet raffiné et furtif, qui dissimule sa sophistication sous des dehors rustiques. LIEUX D’ENTREPRISES ❑ Lauréat Architecte : DEAN MARCHETTO - MARCHETTO HIGGINS STIEVE ARCHITECTS DRAGON DE MÉTAL DEAN MARCHETTO a installé son agence d'architecture dans un lieu insolite : une ancienne église en brique édifiée au début du XXème siècle, au sein d'un quartier résidentiel de la petite ville d'Hoboken, dans le New Jersey. Il faut croire qu'au fil du temps, l'architecte a fini par trouver le lieu banal. La construction d'une extension fut pour lui l'occasion de repousser les limites de l'inédit. Un espace en forme d'abside a été ajouté à la façade arrière de l'église pour recevoir le bureau de l'architecte. Si le concept paraît logique, il se matérialise dans une forme hors du commun : une sphère coupée en deux par une faille dans laquelle s'insère une fenêtre verticale cachée pour ne pas rompre visuellement la continuité de la couverture de zinc. L’architecte tenait à réaliser un objet original. L’extension évoque immanquablement l’oeuvre de l’architecte catalan ANTONIO GAUDI, notamment la toiture de la casa Batlló, avec son grand dragon en céramique. Ici, le serpent est en métal, sa peau est constituée d’écailles hexagonales réalisées dans du zinc naturel et deux teintes prépatinées vertes et rouges. Un script informatique a permis de calculer la dimension de chaque écaille, variable selon le positionnement sur la toiture, larges en bas et de plus en plus fines au fur et à mesure de leur installation vers le haut. Le passage sans encombres du monde virtuel au monde réel aurait été impossible sans la virtuosité de l'entreprise de pose, dirigée par GLENN WYEROSKI, qui a imaginé une solution technique appropriée. Les écailles sont posées une à une sur la toiture, après avoir été formées sur le chantier. Le recouvrement de chaque rang d'écaille par son rang supérieur, et l'interposition d'une discrète chemise de garantie sous le joint vertical, garantissent l'étanchéité de la couverture. La qualité de l'exécution donne une réalité au concept : au pied de l'édifice, le regard glisse sur le dos de cet étrange reptile jusqu'au faîtage de l'ancienne église.
Mention 1 Architecte : CHENG DAPENG - BEIJING NEW ERA ARCHITECTURAL DESIGN LTD ARCHITECTURE PAYSAGE À partir du IIIème siècle après Jésus-Christ, le bouddhisme s'est imposé comme l'un des trois courants spirituels de la Chine. La région de Datong, à environ 400 Km à l'ouest de Pékin, garde la trace de cette histoire de plus de 18 siècles. Plus de 252 grottes ont été recensées sur le site de l'ancienne ville de Yungang, abritant environ 51 000 statues créées entre le IVème et le VIème siècle. L'inscription de Yungang sur la liste du patrimoine de l'UNESCO en 2001 a renforcé l'intérêt touristique du lieu. La configuration des espaces d'accueil a du être entièrement repensée. Une halle d'exposition de près de 10 000 m² marque le renouveau du site. L'architecte, CHENG DAPENG a dessiné un bâtiment qui peut se voir comme la métaphore d'une grotte. La grande salle d'exposition est semi-enterrée. Les visiteurs y accèdent en traversant un vaste demi-cercle, composé de 12 grands blocs massifs formant un amphithéâtre à ciel ouvert. Depuis le sol ou du haut des collines environnantes, seule cette succession de vagues de zinc émerge du site. Les esquisses des architectes prévoyaient de couvrir la halle par une série de lanières ondulées de quatre mètres de largeur. Un décalage entre ces éléments, au nombre de trente, attribue à la halle l'aspect mouvementé d'une mer tumultueuse. L'utilisation du zinc a permis de restituer fidèlement le concept imaginé dans les phases de projet : le matériau a été déroulé sur les quarante mètres de longueur de chaque élément de toiture, suivant une courbe tantôt convexe, tantôt concave. L’installation de drains au sol en rive basse des couvertures a permis d’éliminer complètement les gouttières. La mise en oeuvre montre une remarquable compréhension des possibilités du matériau. Intelligence qu’il faut d’autant plus saluer qu’en Asie, le zinc n’était pas présent dans l’architecture traditionnelle. Celui-ci est en effet un nouveau produit, dont le champ d’application locale
Architecte : DAVID MACKAY & F. GUAL TRAJINÉ - MBM ARQUITECTES MAISON PROVISOIRE L'architecture peut-elle soutenir l'être humain dans les moments les plus pénibles de son existence ? Telle est la question à laquelle tente de répondre «LA CASA DELS XUKLIS». Niché sur les hauteurs de val d'Hebron, au pied des collines qui dominent Barcelone, ce petit ensemble d'hébergements s'articule autour de trente chambres, accueillant les familles contraintes de résider dans la capitale Catalane pour faire soigner leurs enfants atteints d'un cancer. La localisation de ce centre ne doit rien au hasard. Le terrain offert par la municipalité, est situé à proximité des grands centres hospitaliers de la région. «LA CASA DELS XUKLIS» est divisée en deux : une zone d'habitation, où trente studios sont regroupés autour d'un patio formant un monde introverti et protégé et une seconde partie abritant une bibliothèque et une cuisine, ouvertes sur un parc et le reste de la ville. L'une et l'autre se distinguent par leurs toitures : arrondies et organiques, pour les parties communes, plus orthogonales en couverture des chambres, qui sont réparties dans quatre blocs formant ensemble le quadrilatère du patio. Le gris du zinc en toiture contraste sans violence avec l’enduit blanc des façades. DAVID MACKAY, architecte associé du studio MBM et concepteur du projet, l’a sélectionné pour sa teinte mate, qui évite les reflets, et sa malléabilité, qui permet de suivre les dessins de toiture rendus relativement complexes par l’utilisation de procédés environnementaux passifs, comme la ventilation naturelle des appartements. Le recours aux dispositifs environnementaux apparaissait incontournable dans le contexte d'une résidence de soin. La production d'eau chaude solaire et l'isolement thermique maximal ont ainsi été recherchés. La prise en compte des problématiques d'éco-construction ne se limite toutefois pas à une batterie d'appareillages techniques. Elle contribue à l'expression architecturale, notamment en couverture, où la présence des lanterneaux, assurant la ventilation naturelle des habitations a généré, en coupe, une forme tout à fait particulière. Pratiquement plate au sommet, la couverture devient verticale, puis repart en oblique pentue à 45 degrés, pour se prolonger en pente douce jusqu'au débord du toit. Les chenaux sont encaissés, les lignes des joints debout soulignent la forme de la toiture et tracent une ligne brisée sur le ciel. Un soin particulier a été apporté aux détails. Un bandeau sombre révèle fermement l’épaisseur de la couverture ventilée. Exprimée aux jonctions avec les façades, cette ligne suggère ainsi la solidarité entre ces individualités rassemblées sous un même toit et menant un même combat.
Architecte : ULRICH JUNK, CABINET JUNK & REICH ARCHITECTEN MÉMOIRE DE FORME La construction de la nouvelle BIBLIOTHÈQUE DU COUVENT DES AUGUSTINS d'Erfurt, s'inscrit dans six siècles de bouleversements de l'histoire européenne. Le premier remonte au XVIème siècle et a pour prélude l'ordination à la prêtrise d'un jeune allemand, MARTIN LUTHER, en 1505. Quelques années plus tard, les religieux rejoindront la réforme initiée par leur ancien séminariste. Le fond de la bibliothèque, créé avec le couvent, sera profondément modifié. Le site ne conservera que partiellement sa vocation religieuse et certains bâtiments seront cédés à un lycée. Le deuxième épisode survient à la fin de la seconde guerre mondiale, Erfurt, au centre de l'Allemagne, devient une ville de garnison du IIIème Reich. Les bombardements britanniques de février 1945 frôlent la ville mais touchent le couvent, détruisant une grande partie de la bibliothèque. À l'armistice, la ville est intégrée dans la nouvelle RDA. La chute du mur de Berlin va voir le retour des religieux et la poursuite des travaux de rénovation engagés après la guerre. Le bâtiment de la bibliothèque dessiné par l'agence JUNK & REICH, de Weimar, marque le renouveau du couvent. Les architectes ont affronté une problématique récurrente de ce type de projet : inscrire un bâtiment contemporain dans un site historique, sans écraser l'existant ou au contraire s'effacer totalement. La tâche était d'autant plus difficile que le contexte était très prégnant. Le couvent comprend une église néo-gothique et au-delà de ses murs, la ville d'Erfurt, relativement épargnée par les bombardements, conserve un caractère historique qui lui donne une identité singulière qu'il n'était pas question de perturber. C'est pourquoi la volumétrie du nouveau bâtiment s'inspire des grands réfectoires religieux - de hauts murs coiffés d'une toiture à double pente. Coté jardin, les architectes ont doublé la construction d'un parallélépipède vitré, une vitrine monumentale sur le parc. La bibliothèque reconstruite se distingue d'une construction courante par le soin apporté à sa réalisation. La pierre et le zinc, deux matériaux nobles dans l'esprit des concepteurs, ont été employés dans une mise en oeuvre contemporaine. Le zinc a été dessiné pour former une continuité avec la pierre agrafée en façade. Il a été appliqué sous forme de cassettes , reprenant le calepinage de la façade et vient en surtoiture au-dessus
Prix Construction Durable Architecte : CABINET JEAN-PHILIPPE THOMAS ARCHITECTES DE BOIS ET DE ZINC En septembre 2011, les élèves du COLLÈGE LUIS ORTIZ ont poussé les portes d'un nouveau monde. Ils étaient les premiers usagers d'un établissement flambant neuf, qui prenait le relais d'un collège vétuste, fermé au terme d'un demi-siècle d'activité. Signe des temps, c'est un édifice en bois qui remplace celui en métal, souvenir d'une époque dite des modèles, où le recours à des constructions standardisées, faisant appel à la préfabrication métallique, devait permettre de doter rapidement la France de bâtiments scolaires dont elle était dépourvue. Aujourd'hui, construire vite ne suffit plus, il faut aussi respecter des normes environnementales strictes. En 2007, année où JEAN-PHILIPPE THOMAS a été désigné lauréat du concours d'architecture pour la construction du collège, les exigences en la matière étaient toutefois moins poussées qu'aujourd'hui. Sensible à l'éco-construction, l'architecte a voulu conduire une démarche exemplaire, allant au-delà des impératifs réglementaires de l'époque. Avant-gardiste, le COLLÈGE LUIS ORTIZ s'inscrit parmi l'un des premiers bâtiments de France à énergie zéro. Le soin apporté à la construction de l'enveloppe a permis de réduire les consommations énergétiques. Les parois sont constituées de fenêtres à triple vitrage, de murs en panneaux de bois massifs doublés de 22 cm d'isolant et protégés par un bardage en mélèze. La performance des matériaux autorisait d'ouvrir largement le bâtiment à la luminosité, notamment dans les couloirs, pensés comme des lieux de vie encourageant la sociabilité. La lumière ne sert pas seulement aux rencontres : elle produit aussi 130 000 kWh/an, via une centrale photovoltaïque installée en toiture, au coté de la couverture zinc. Ce matériau en QUARTZ-ZINC® a été retenu pour son faible coût de maintenance et ses caractéristiques de recyclabilité quasi complète en fin de vie.
Architecte : STEVE WOODLAND, CABINET COX HOWLETT & BAILEY WOODLAND COMME UN CRISTAL Des grandes voiles blanches au bord de l'eau…, cette image suffit à décrire l'Opéra de Sydney, icône des années 70, qui symbolise à lui seul un pays continent. La force de la proposition fut telle qu'on ne peut s'étonner qu'elle soit devenue un archétype que les architectes locaux s'attachent à réinterpréter dans différents contextes, comme à Albany, petite ville côtière du Sud Ouest de l'Australie. S'il n'est pas, à l'instar du bâtiment du danois JORN UTZON, juché spectaculairement à l'extrémité d'un promontoire s'avançant sur l'eau, le nouveau centre d'animation de la ville s'inscrit élégamment dans un site privilégié, en bordure de l'océan. Il déploie face au Pacifique ses grandes ailes en zinc gris et noir. Sa construction s’inscrit dans le cadre de la reconquête des franges portuaires de la ville. Le centre culturel est le point majeur d’une nouvelle promenade piétonne en bord de mer, valorisant un port naturel exceptionnel. L’eau, mais aussi les montagnes entourant la ville, sont l’écrin de ce bâtiment qui représente pour ses architectes la métaphore d’un cristal pur, un diamant taillé aux angles acérés. Le soin méticuleux apporté au traitement des arêtes et des raccords de plans et l’intégration sobre des chéneaux encastrés graphiquement au bas des longs rampants, confortent, vu de loin, l’idée d’un objet taillé dans la masse. L’allégorie renvoie aux architectures expressionnistes, évoquant les «villes couronnes» dessinées par l’architecte allemand BRUNO TAUT, dans les années 20. L’architecture assume ici sa fonction de sculpture monumentale, point focal d’un paysage renouvelé à l’échelle de la ville d’Albany. Le bâtiment polyvalent est conçu pour recevoir des conférences, des pièces de théâtres et des performances artistiques. Son organisation suit cette répartition fonctionnelle et se divise en trois parties. L’auditorium s’insère sous deux grands triangles de zinc, qui coiffent une structure plus petite, abritant un hall d’exposition. La forme en delta des toitures apporte une stabilité visuelle au bâtiment et l’ancre solidement dans son site. Le revêtement de zinc a été choisi pour ses qualités de durabilité, mais aussi pour son aspect changeant en fonction des conditions climatiques. Le soleil et la pluie abondent à Albany, donnant au cristal un aspect tantôt argenté, tantôt luisant, résonnant avec les couleurs changeantes de l’océan.
Architectes : DIEGO GARCÍA MUÑOZ VAQUERO, PRIETO + VAQUERO ARQUITECTOS Y MCCL ARQUITECTOS À L’OMBRE DES GRANDS CHÊNES Ce projet a été désigné lauréat par les internautes, qui l’ont plébiscité via la page Facebook de VMZINC, ouverte à l’occasion de cette cinquième session du Trophée. Si l’on en croit la sagesse populaire, rien ne pousserait à l’ombre d’un grand arbre. Le centre social d’Agrón semble avoir été créé pour faire mentir cette maxime. Nous sommes dans un village à proximité de Saint-Jacques de Compostelle, en Galice. Dans ce morceau d’Espagne, baigné par les pluies atlantiques, la verdure a pris possession des collines. Le site choisi pour la construction de l’équipement est une parcelle triangulaire densément plantée de chênes. Les architectes ont délibérément décidé d’insérer l’édifice au milieu du terrain plutôt que sur ses franges, le rendant ainsi invisible depuis la route. Il faut s’enfoncer dans les bois pour
D'un point de vue technique et esthétique, les joints devaient être continus sur les parois horizontales et verticales, mais la géométrie de l'édifice, comptant quelques parties biaises, impliquait a priori l'emploi de bandes de zinc de largeurs différentes entre façade et toiture. Le souci de limiter les coûts de construction a incité les architectes à opter pour l'usage de produits de largeurs standards. Comme dans le cas d'une construction en brique, les dimensions du matériau ont ainsi fixé celles du bâtiment, optimisation qui ne s'est pas faite au détriment de l'architecture.
Architecte : JOHN RONAN ARCHITECTS L’ÉTOFFE DES POÈTES «Monument» du Chicago littéraire, le POETRY MAGAZINE avait toujours vécu une existence nomade, et cent ans après sa création, il ne possédait toujours pas d'adresse fixe. Le geste d'une riche héritière de l'industrie pharmaceutique permit d'envisager, en 2002, la fin de cette vie errante qui convient sans doute aux poètes, mais sied beaucoup moins aux institutions. Doté de 100 millions de dollars, le magazine créa une fondation et se mit en quête d'un architecte, n'hésitant pas à parcourir le monde entier pour dénicher la perle rare. La commande échut finalement à un architecte local, JOHN RONAN. La nature du projet laissa d'abord cet amateur de poésie perplexe. On connait la forme d'une gare, d'un hôpital, d'une bibliothèque, mais à quoi peut ressembler un lieu qui aurait pour objet l'art poétique ? Le programme prévoyait la création d'une bibliothèque, d'un centre de conférences, d'une salle de rencontres, le tout sur près de 1 900 m². JOHN RONAN tourna le dos à la réponse littérale, qui aurait consisté à sérigraphier des textes sur une façade de l'édifice et opta pour un parti plus métaphorique, celui de la construction d'un poème architectural, ou d'une architecture développant des analogies avec la poésie. La FONDATION POUR LA POÉSIE occupe l’angle de Dearborn street et Superior street. Elle s’insère Plus clôture que mur, cette paroi de zinc est la première composante d’une suite de filtres brouillant les limites entre la ville, les espaces extérieurs et les salles de la fondation. L’ensemble doit suggérer sans dévoiler, laisser au visiteur la surprise de découvrir la grande variété des cours paysagées de la fondation. Le zinc a été monté sur une structure en acier. L’ondulation a permis de renforcer la rigidité du matériau, qui garde la même épaisseur en partie basse de la façade, exposée aux chocs, comme en partie haute. Pour déterminer la taille optimale des perforations, permettant la vue quasiment libre de face mais la réduisant presque complètement lorsque l’on se déplace le long de la façade, l’architecte a fait réaliser plusieurs prototypes. Redonner une transparence à une matière opaque n’était pas le moindre des gestes poétiques. |
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